Jeepster ? Une recherche désinvolte me permet rapidement de savoir que Jeepster est le nom d’une -ou plusieurs?- voiture(s) 4×4 taillée(s) pour le safari et à l’allure agressive du grand ‘j’défonce tout’. Jeepster est également le nom d’une chanson de T-Rex; au rythme dandy de Marc Bolan le méchant androgyne glam et sa troupe aussi défoncée que l’arbre embroché par Jeepster -la voiture- (ce qui fut par ailleurs la situation de l’accident qui propulsa Marc Bolan au joli paradis des rockeurs -sauf pour la voiture-). Une chanson un peu fadasse si on décide de la comparer à ‘ Hot Love ‘, ‘ 20th Century Boys ‘ ou encore le super ‘ Bang A Gong (Get it on) ‘. Heureusement que Jeepster -le groupe- est là, sur le furieux et décalé Distile Records, pour finir de boucler le triangle (tu boucles des triangles toi?) à coup de rock habité par les démons intemporels de l’histoire du maléfice pour le sacrifice du roi de la pop et ses comparses étendus sur le rituel incompréhensif et des…… d’une formule aussi spirituelle lorsque…… pouvoir aux anges…… pour……..

Jeepster est issu de deux effrénés, Justin Goings (batteur) et Kyle Marcelli (Bassiste) du groupe psyché-troué O! The Joy; et du beau guitariste/chanteur Jonah Wales qui, par sa douceur et volupté, boucle habilement le triangle. C’est pas encore ici que l’action se passe, mais plutôt en Californie, où une bonne tripotée de concerts sont prévus, notamment à San Fransisco (y aller une fois avant de mourir).

Construire et déconstruire est une manipulation risquée, surtout si l’on veut que la pilule soit avalée d’un trait, d’un passage clair & précis; sans encombrements et mauvais raccords. Ici Jeepster reconstruit habilement chaque petit élément, naviguant dans des espaces où le temps est ridiculisé, et explose dans un soucis d’originalité. Tout est minutieusement ordonné puis désordonné, et s’en suit une délicieuse impression de bordel organisé. L’ensemble s’évapore dans une atmosphère psychédélique dans la veine de Project Skyward, Psychedelic Velveeta ou encore Papercuts. Les mélodies vaporeuses sont poussées à la première place et son exécutées avec un soin précieux; tourbillonnant entre les voix, les guitares 70’s ou aspirées (‘ What if all the rebels died? ‘), basses frétillantes et batteries aux rythmes dandy (‘ A day in the dark ‘, ‘ Fiction fiction ‘) tantôt aux rythmes sous psychotropes (‘ Sweet 1:23 ‘ ainsi que le magnifique et reposant ‘ Be good in your neighborhood ‘). ‘ Ex oh ‘, troisième chanson de l’opus, déboule sous des airs un peu mollasses mais vite rattrapés par cette putain de mélodie vocale et où la guitare est utilisée pour le rythme et na s’abandonne pas à de longues mélodies. Morceau très court, concentré; furieusement bon. ‘ You can’t stop ‘ déracine dans la même veine.

Les chansons pop se répondent, font preuve de cohérence, ne sont ni lourdes ni trop légères, absorbent la juste dose d’énergie, la juste dose de principes, et exhalent un rock fiévreux et ténébreux. Un petit prout manque pour que le groupe donne envie de bouger, ou simplement de se remuer le cerveau. Après, c’est juste subjectif.