Drôle d’initiative que cet album de The Hot Rats. Parce qu’il semble impossible à l’oreille de faire la différence entre Supergrass et The Hot Rats. Parce qu’il intervient au moment où Supergrass (après tout c’est d’eux qu’il s’agit) n’est plus en mesure d’exciter une hype quelconque peu importe la qualité de leurs disques. Parce qu’il pourrait faire croire que le groupe est en panne. Parce qu’un nouvel album est prévu cette année. Parce qu’on n’a pas besoin de jeter un oeil au tracklist pour savoir que Supergrass a le bon goût musical quasi ultime. Parce que Supergrass s’est tellement imprégné de la musique des artistes convoqués sur ‘Turn Ons‘ que les versions Hot Rats sont bien souvent logiquement identiques ou presque aux originaux et de même que le premier est mieux que la suite (Le Parrain, hein…), le livre est mieux que le film (True Blood, hein…), tout le monde sait dans un réflexe très Pavlov que l’originale est mieux que la cover (‘One‘ de U2 par Johnny Cash, hein…).

Alors pourquoi on aime ? Parce que comme tous les projets de Supergrass ( ‘Road to Rouen‘, hein…) c’est la légèreté et l’envie de se faire plaisir qui prévaut. Parce que Supergrass a super bon goût et s’écouter un mini juke box de la sorte vaut plus que tous les discours théoriques. Parce que ça joue bien. Parce que ce n’est pas comme si Supergrass s’achetait une virginité ou une crédibilité mélodique sur le dos de mega-tube pour refourguer plus de disques comme l’avait fait en son temps Placebo, après tout on parle ici des auteurs de « Richard III » et « Alright » ce qui au passage est tout de même d’un autre niveau que « Slave to the wage » ou « Nancy boy ». Parce que c’est une récréation sympathique pour eux et donc pour nous, que ça n’a pas d’autres prétentions et qu’on ne voit pas l’intérêt de bouder notre plaisir.