Au milieu des Arcade Fire, Wolf Parade, ou encore The Stills, Besnard Lakes fait office d’exception sur la scène Montréalaise. Ces vilains petit canards ne font, contrairement à leurs potes, pas dans la pop, n’ont pas d’hymne fédérateur, et ne semblent pas plus weirds qu’un autre. Ils font du psychédélique, celui du puriste, qui fait monter aux cieux en délicatesse.

En 2007, sur Are The Dark Horses (du surnom de ‘cheval sombre’ qu’on leur donnait déjà à l’époque), ils avaient charmés quelques rares auditeurs par leurs atmosphères Pink Floydienne et leurs choeurs rappelant à certains les Beach Boys, mais plutôt dans une nuage de fumée que sur une plage. 3 ans après, les Besnard Lakes ne sont plus ‘le cheval sombre’ mais ‘la nuit rugissante’ (Roaring Night) et à l’écoute de cette livraison, on comprend ce qu’ils veulent dire. Ce n’est pas une révolution mais ce disque est bien plus mélodique et lumineux que le précédent, laissant plus de place aux guitares shoegaze et aux explosions sonores que le précédent.

Tout n’est que montée en puissance tout au long du disque, et chaque titre mériterait son petit commentaire. En vrac on répertorie: l’amerissage d’une navette spatiale (‘Like The Ocean, Like The Innocent’), la contemplation du soleil rougeoyant qui irradie Chicago avant de s’éteindre (‘Chicago Train’), l’envol d’un rapace à une vitesse supersonique (‘Albatross’) ou une prise d’opium dans un désert étoilé (‘Land Of The Living Skies’).

Les genres se croisent, post-rock, kraut-rock, progressif, avec une cohérence et un équilibre parfaits. Alors qu’on pouvait redouter leur tendance à laisser filer l’auditeur dans l’écho de nappes sonores, ils renaissent tel un phoenix (le sublime ‘Light Up The Sky’) et montrent qu’ils peuvent aussi être une machine à riffs redoutable (‘And This Is What We Call Progress’).

Are The Roaring Night est un de ces vols à travers les cieux qu’on n’oublie pas, la plus grande réussite de Besnard Lakes, et un immanquable pour tout ces ptits drogués qui veulent une bouffée d’air frais.