« Mourir, c’est pas facile », Nicolas Sarkozy.

Pas besoin d’avoir Bruce Willis pour psy pour entendre des morts. Ils sont partout et gagnent plus de fric que les vivants. Les plus gros vendeurs de 2009 sont un mec devenu blanc mort et un groupe séparé depuis 40 ans dont deux membres sont, on imagine, au Paradis. Et les enterrements ont cette particularité qu’on y dit que du bien du défunt. Johnny Cash est comme tous les autres (ou presque) depuis sa mort sur une sorte de piédestal. Tout ce qui l’entoure revêt une aura sépulcrale quasi biblique. Johnny Cash nous dit les Vérités de l’Ancien Testament. Son Testament discographique, ces fameux American Recordings supervisés par Rick Rubin, semble ne plus en finir. Le sixième volume tourne en boucle ces jours-ci. La mort est une sacrée salope. Le chant de Cash, qui a toujours eu ce côté solennel, prédicateur du désert, apocalypse imminente, est sur les enregistrements de Rubin comme touché par les Langues de Feu, troublant, touchant de fébrilité, réconfortant de paix, bouleversant de vérité. La mort est une sacrée salope. Les American Recordings et leur dépouillement à l’os ont cette capacité fantastique de faire passer n’importe quelle chanson pour une promesse de vérité plus grande, de sentiments plus nobles parce que dit simplement. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Ce mec a forcément raison. On avait promis l’enfer à Rick Rubin producteur associés à certaines des pires choses des temps modernes, on lui offre le Paradis éternel pour le salut de Cash. La mort est une salope. June Carter partie, les chansons d’amour perdu, de retrouvailles imminentes, arrachent les larmes. Ce putain de vécu. Comment lutter contre ça ? Quel genre d’insensible faut-il être pour ne pas y être sensible ? On écoute ces derniers soupirs de Johnny Cash comme on écoute le sage des Mystères de Pékin : lui seul nous dira qui a menti. Même des vérités à deux sous (‘Satisfied mind‘), des chansons de Sheryl Crow (‘Redemption day‘) nous paraissent paroles divines.

C’est cool la mort.