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Parfois, sans qu’on se l’explique, sans qu’on l’attende et surtout sans que l’on sache trop pourquoi, sort un disque qui correspond à la note près à nos besoins émotionnels du moment. Alignement mystique des planètes ou coïncidence totale ? Les deux ? Est-ce la même chose ? Peu importe, en bons admirateurs de la beauté du grand Mystère peut être ne vaut-il mieux ne pas savoir comment ni pourquoi ces choses-là arrivent. Pour résumer : on ne croit pas aux signes, mais on sait les reconnaitre lorsqu’on les voit.
Un signe divin, une réponse aux interrogations métaphysique, voilà ce que n’est pas, mais alors absolument pas, cet album de Serena-Maneesh. Ce serait même plutôt tout ce dont on n’a pas envie en ce moment. Toujours est-il que c’est un bon disque. Éprouvant album mais pour citer notre grand ami philosophe : l’effort est au bout de l’acharnement (notons tout de même que le terme acharner en dit long…). Ça commence comme Nine Inch Nails et au morceau suivant, on se retrouve au beau milieu du chef d’oeuvre métaphysique cinématographique des 30 dernières années : Point Break. Cet intéressant grand écart est l’oeuvre d’un groupe norvégien faisant de la pop noisy, voire shoegaze, scandinave à la Raveonettes en plus barré (DIWSWTTD), du Primal Scream extasié (Blow yr brains in the mourning rain) ou hippifié (Magdalena) et du Nine Inch Nails fragilisé (Reprobate !). Plutôt expérimentaux mais souvent aériens (le chant), Serena-Maneesh abuse parfois de la citation lorsqu’on reconnaît l’intro du Reptile de Nine Inch Nails. Faire du léger avec du lourd n’est pas une tâche aisée mais les norvégiens s’en tirent régulièrement avec les honneurs, aussi bien sur le format court et pop que lorsqu’ils étirent les mélodies progressives sur la longueur.
Recommandé donc.