Calmons tout de suite les (h)ardeurs, la musique de The New Pornographers n’incite pas, en tout cas pas à notre connaissance, à des scènes d’orgies démesurées, des parties de jambes en l’air sauvage ou à de luxuriants week ends dans le Cher. On ne pense pas Ashlynn Brooke mais plutôt Natalie Portman. Voilà pour la mise au point nécessaire.

Dès l’ouverture ‘Moves‘, on sent qu’on va avoir affaire à un album plutôt décomplexé de The New Pornographers, plus en tout cas que sur le tristounet ‘Challengers‘. Les guitares glam résonnent pas mal tout au long de ce disque (‘Your hands‘), le remue-popotin fonctionne dur. Ces canadiens sont un petit secret pop qui doucement mais sûrement s’ébruite de plus en plus et ‘Together‘ ne va pas inverser la tendance. Il faut imaginer Scissor Sisters mais en bien, en moins grosse tafiolle assumée, avec des refrains jamais putes, des mélodies sournoises et vicieuses (‘Crash years‘) et des guitares approuvées par Marc Bolan. Le chant est équitablement partagé : monsieur Newman s’occupe des moments plus rock, madame Calder prend en charge les moments pop. Disque idéal pour une virée estivale à la mer, Together s’impose avec immédiateté mais a cette avantage d’en offrir plus à chaque écoute. Qu’elles soient naïves sur ‘Silver Jenny Dollar‘ ou touchantes sur ‘My Shepherd‘, les mélodies de The New Pornographers provoquent à chaque écoute un petit enchantement, surtout on tient pour un fois un groupe usant correctement de l’influence de David Bowie période Hunky Dory/ Ziggy Stardust/Aladdin Sane, ce qui est assez rare pour être souligné (‘Daughters of sorrow’).

Together‘ est le genre de disque simple et pop qu’Of Montreal n’ose plus sortir, léger, consistant, solide et pourvu de têtes d’affiches assez plaisantes pour prévoir que, alors qu’il n’a pas encore débuté, l’été se prolongera un petit bon de temps.