Non, Alone with King Kong n’est pas la réminiscence de feu Freedom For King Kong. Point de ragga ni d’electro-rock en fusion ici, du grand gorille on retrouve néanmoins la poésie et le grand guignol.

Polymorphe pince sans rire, Thomas aka Alone with King Kong joue un folk souriant et entraînant. Les longues complaintes lancinantes d’un cowboy paumé entre St Louis et Little Rock à la la voix défoncée par le mauvais whisky, très peu pour lui. Juste les effluves d’une pop fantasque, capable de faire une chanson à partir de rien (‘Let’s call it a song‘), égrenant aussi bien les bons souvenirs (‘GrandPa’s last blues‘) que les mauvais (‘No art‘) avec les mêmes atours colorés, même si ça n’empêche pas les coups de moins bien (‘Quiet nights‘).

Sur ce ‘Three hats on one head‘, le troubadour semble apprécier bricoler des sonorités inattendues un peu à la manière d’un Dyonisos. Melodica, ukulélé, trompette en sourdine et autres glockenspiel s’invitent autour de la sempiternelle guitare, qui sait laisser la place aux copains. On aime ses mélodies, on aime son mélange de nonchalance à la Eels de névrose façon Woody Allen, et au final, on aimerait l’entendre plus, parce 6 titres ça fait court.