En voilà une bonne surprise. Sorti de nulle part ou presque, 1=0 débarque avec son je-m’en-foutisme, sa grande gueule et signe un putain d’album comme on en entend plus depuis un bail.

Voici un album à l’image de sa pochette : brut et efficace. Le groupe malmène l’auditeur avec ses textes désabusés, crus (Paysan) ou vulgaires (Sergueï). Son chanteur balance ses phases l’écume à la bouche, tel un dément crachant son aversion malsaine pour les hommes et leur sort*. Pourtant, la musique de 1=0 n’est pas une ode à la violence. Les titres sont certes courts, intenses, mais aussi mélodiques, épurés, presque minimaliste par instant. La basse fait d’ailleurs du travail de liant hallucinant, soutenant parfaitement les riffs tordus des guitares. Une belle complémentarité qui rappelle les belles heures de feu Maczde Carpate.

Quand le combo subit une baisse de régime bien (Chienne), il contre-attaque avec un brulot noise (Bleus) et un coup de poing hors formatage (Produit). Et étonne en concluant par un titre doucereux et apaisé, comme si le groupe se réconciliait avec lui-même après tant de tumultes intérieurs.

On évoquerait bien des noms comme Diabologum ou Virago, mais puisqu’ils ne signifient plus rien aujourd’hui, on dira plutôt ceci : Sec est un album subversif, viscéral, tendancieux, sans concession et salement amoché. Il est donc hautement recommandable.

*formule signée Reuno Wangermez