Il y a des jours comme ça où, parfois en s’apitoyant, on ne cesse de constater la platitude musicale de centaines de groupes de rock d’adolescents. Le schéma est simple : prenez des jeunes aux cheveux longs mais bien coupés, armés de Stratocaster ou de Les Paul (parce que c’est trop la référence rock’n’roll), qui se la jouent blues rock (ils ne se sont toujours pas remis de la claque Jimi Hendrix qu’ils ont écouté chez un pote en fumant un joint) avec des solis soi-disants groovy mais surtout remarquablement inexpressifs, et un chanteur qui a plus envie de serrer de la nana avec des paroles de loveur plutôt que de marquer son public. L’intérêt ne tient alors qu’à un fil : l’espoir de voir ces groupes se rendre compte qu’il n’y a pas que le rock, prendre de l’audace et oser l’expérimentation dans des compositions avant trop lisses. Sauf qu’espérer cela quand on parle d’adolescents, sensés se conduire de façon un tant soit peu rebelle justement, c’est se retrouver face à un mur. Heureusement, il y a toujours quelques exceptions dans une masse, quelle qu’elle soit. Et Les French Fries, c’est justement le petit exemple de la jeunesse au goût de fraicheur, avec un nom pas prise de tête. Mais alors vraiment pas du tout.

Ils ont commencé à peu près comme beaucoup : rencontre au collège/lycée, quelques concerts… Et ça s’arrête là pour l’histoire, parce que la moyenne d’âge de ce groupe est en fait de 17 ans (le guitariste lead est quant à lui un poil plus âgé). La surprise se situe ici dans la maturité que nos actuels élèves de Terminale déploient dans leurs chansons. On nous sert du frais, une sorte de pop rock un peu funky par moments. Vous me direz, qu’est-ce qui peut bien être original là-dedans ? Ils font tous la même chose à cet âge-là. Oui mais non. Ici ça joue bien, ça chante bien, et on sent bien que l’envie est là. Pas de plans guitaristiques bâteaux à la mélodie guère évoquante. Bon allez si il y en a un peu mais ça disparaitra avec le temps (enfin on éspère), tout comme le travail sur le son de guitare, qui se trouve être bien faible et pas très imposant quand au contraire il devrait l’être (‘Heroin‘, ‘Bloody Youngs‘, ‘A Song For Your Health‘, ‘Robot Song‘). Même chose pour la basse. Mais voilà, les défauts que l’on trouve sur ce disque sont surtout techniques. Musicalement, c’est plus que satisfaisant : Riffs efficaces, chant maitrisé… Et en plus il y a des tubes potentiels (‘Feeling Like‘, ‘Procrastination‘).

Comme son nom l’indique, ‘Fast Food‘ est un disque qui se déguste vite mais avec un certain plaisir. Les French Fries n’en sont qu’au début de ‘l’aventure‘, qui s’annonce plutôt bien vu qu’ils ne peuvent que prendre de l’expérience. Ceci étant dit, on prend rendez-vous sans hésiter pour le prochain épisode. Avec beaucoup d’attentes, évidemment.