Quatre morceaux pour juger un groupe. Mon plat préféré. J’ai un gros faible pour ces EPs débarqués de nulle part qui, en même pas dix minutes, cherchent quelque chose dans ma boîte crânienne ; oui mais quoi ? Que le cerveau commande au pied droit : « bas la mesure, connard » ? Que la voix embarque mes tympans usés dans un cosmos rock singulier ? Que le feeling solide du groupe me fasse oublier la bizarrerie du nom ? Elcko, c’est un peu tout ça.

Et je ne me la joue pas vieux routard pour rien : ces toulousains sont des « go fast » du rock poppé et accessible. Direct à l’essentiel, rien n’est laissé au hasard sur le dancefloor indé de Out Of Order, qui sent le Placebo moderne (« Single Armada ») et l’envie de pop épique à la REM emboîté dans un Nada Surf brut (« Silence Is Over »). Pas de grande révolution, t’es plongé dans un décor urbain virtuel, à tracer dans un cabriolet bleu électrique avec Nevermind à fond dans l’autoradio (« My Interview ») : écouter Elcko c’est un peu comme jouer à GTA sans sortir de la bagnole pour assassiner un piéton. C’est ça le problème : ça manque de sang, de patrouilles de flics qui collent au train et de la petite sauvagerie qui mettrait le feu aux poudres.

Mais est-ce que c’est ce qu’on demanderait à Elcko ? Out Of Order remplit son office de représentant digne de foi, sans planter le couteau là où ça fait mal en me prenant dans ses bras. Un beau projet aux contours nets sans effet « pixel ».