Le petit monde des EPs et autres formats courts a l’avantage de susciter un coup de coeur du genre compact et furtif. On se retrouve avec quatre titres qui se répètent inlassablement dans la tête toute une journée. Pour les plus veinards, l’acquisition le matin d’un objet comme Major Dolby EP débouche sur une chronique le soir, après avoir esquissé quelques pas de danse vintage et bu trois milk-shakes à la banane in Chatelet City.

Autant être clair : Major Dolby, j’ai dit oui. Avec ses sonorités sixties jamais chiantes, le duo réussit le pari d’une surf music extrêmement typée et moderne à la fois. Ca pue le Dick Dale, les Cadillac roses, les chevauchées mécaniques le long d’une plage californienne et l’Amérique qui twiste à s’en déboîter la rotule. Digne d’un bon Tarantino (‘Le Fanfaron‘), ce minuscule 45t est d’une richesse affolante, parfois couillonne mais toujours joliment écrite (‘Liberal Traffic‘ ressemble à un cliché pop enregistré pour le jeu Rock Manager). Les basses tournent inlassablement, les amplis crachent au fond du studio, et la jeunesse yé-yé part au bal, pervertie par quelques arabesques de distorsions (‘Railway‘).

Étonnamment, ça fait mouche. Un disque rétro et typé au pays d’Austin Powers, mojo inclus.