Aujourd’hui c’est dépucelage.
Tout d’abord parce que je signe aujourd’hui ma toute première chronique sur le webzine rouge pétant.
Ensuite, et surtout, parce que j’ai décidé de chroniquer pour ce défleurage en règle le premier EP de mes copains de Gender Bender (qui veut dire travelot, au passage). Oui, malgré la douleur du rite initiatique, il y a du bon à faire partie du crew communiste.

Donc, Gender Bender. Je vous épargnerai pour cette fois la description classique et barbante du groupe, de la rencontre des protagonistes dans un bordel à leur premier vomi collectif. Tout ce que vous avez à savoir, c’est qu’il n’a guère plus d’un an dans les jambes, pour quelques concerts et un modique EP à se mettre sous la dent. Ce qui fait deux métaphores sur le thème du corps humains dans une même phrase. Pour la musique, le foursome travesti propose une formule assez simple guitares/claviers/batterie, avec un chant sexy en diable afin de renverser les fou[s]n[/s]les. Du rock comme on aime, ni trop farfelu, ni trop simplet, avec son lot de mélodies bien percutantes et souvent dansantes. On pense notamment à Dancing Shadow, qui comme son nom l’indique a un fort potentiel trémoussant, ravivant la flamme post-punk version dancefloor. En fait le trio de milieu de galette constitue véritablement le noyau du maxi. Trois titres pour trois singles potentiels, de l’hymne Back Home au Doors-like Wolves in Trance. Pour finir le travail, les louveteaux nous font le coup du calme avant la tempête avec Forget All. On se fait un peu chier sur les couplets avec une vague atmosphère planante, jusqu’à ce que le refrain nous saute à la gorge. Perfide.

Au final avec peu de moyen, Gender Bender parvient à un résultat plus que probant. Les idées sont là, les mélodies aussi, j’irais presque jusqu’à dire la patte artistique. Quelques maladresses de composition et des effets pas toujours légitimes viennent un peu noircir le tableau, mais l’essentiel y est. En attendant leur consécration, ou pour y participer justement, je vous conseille vivement d’acheter la galette et de foncer là où ils passent en concert.

Et merci pour votre indulgence.