Nothing, ‘Guilty Of Everything‘. Il faut quand même avoir confiance en soi et la foi auprès des critiques pour tendre de telles perches. Malheureusement pour moi et heureusement pour eux, je ne vais pas me livrer à toutes les bassesses et facilités verbales que j’aurais souhaité, gardant un avis positif et un minimum d’affection pour ce premier album importé de Philadelphie.

Commençons tout de même par le principal reproche, puisqu’il boucle avec la principale qualité : le chant de Domenic Palermo. Lointain et tout en retenue, parfois à la limite du murmure mais surtout sans jamais une pointe d’énervement. Il est à la fois un contraste intéressant par rapport à la musique, reposant, mais également énervant au bout d’un album. Qu’attend-il donc pour hurler ? Il ne peut pas faire comme tout le monde et gueuler dans son micro ? Non, il reste calme, implacable. Un peu seul face au mur de son que balancent ses collègues musiciens.

La métaphore du mur ou de la vague (on irait jusqu’à l’océan) vient assez vite en tête à l’écoute. Pas de riffs, très peu de mélodies, tout en nappes et en nuées d’accords. De la reverb et de l’écho à foison. Mais une puissance indéniable. Rien d’épuisant ou d’agressif, simplement puissant. Plutôt étouffant en fait. Donc si on recoupe, entre l’océan, les vagues et l’étouffement, une bonne musique de noyade. Le genre de truc qu’on pourrait écouter en sombrant, avec tout de même une légère pointe de mélodie en s’accrochant au chant, pour redonner un peu d’espoir.

Susurré, voilà, en fait le chant est susurré. Enfin seulement pour l’aspect creux de l’oreille, pas pour le côté mielleux et sirupeux qui colle au terme.

L’air de rien, Nothing nous promène dans son monde : un océan de quiétude, bruyant mais sans l’être franchement. Plus fin que bourrin, on ne navigue pas en terre inconnue mais ce chant apporte une touche intéressante au rendu global. Pour amateur de gros son en quête de repos.