L’idée de former The Dissociatives à certainement germé de la façon la plus honnête qui puisse dans la tête de Daniel Johns, leader des Silverchairs. Sans plan marketing, sans étude de marché, ni même aucun graphique de la consommation mondiale. Juste l’intention d’explorer de nouveaux horizons, en l’occurence électros, pop, rock vintage n’ roll psychédélique… Le musicien qui sommeille en lui s’entiche donc de Paul Mac, producteur de musique électro réputé au pays des kangourous, avec qui il avait déjà pu collaborer le temps d’un remix (‘Freak‘) et de l’enregistrement d’un album pour Silverchair (‘Neon Ballroom‘).

Sur papier, le projet est béton. Sur CD, c’est la débandade. The Dissociatives a très certainement son propre style, pose ses ambiances psychédéliques et savamment alambiquées sans aucun problème : on nage en plein dans l’univers crée de toute pièce (de scotch et de morceaux de papiers à en croire tout le travail sur l’artwork du groupe). Mais pourtant, impossible de ne pas penser à Radiohead et à ‘Everything In Its Right Place‘ à l’écoute du minimaliste ‘We’re Much Preferred Customers‘, voire au mélange inattendu d’Air et de The Go! Team le temps de la très légère ‘Lifting The Veil From The Braille‘. Rapidement, on se rend compte que le tout dégouline de niaiserie, que le trois quarts des titres présents semblent avoir été moulé à partir de caramel mou.

Alors oui, le caramel mou, c’est bon mais ça donne des caries. C’est à peu de choses près l’unique phrase résumant ‘The Dissociatives‘ : rien de transcendant mais l’écoute peut s’avérer agréable, parfois. Car les mélodies sont simples mais pas dénuées d’intérêt : on les retient volontier sans être agaçé. C’est niais, voire évangélisant (à écouter les refrains utopiques de ‘Forever and A Day‘ ou moralisateurs de ‘Young Man, Old Man, (you ain’t better than the rest))’), léger comme une musique d’ascenseur (‘Paris Circa 2007Slash08‘), et parfois même à la limite du rock progressif. Soit The Dissociatives en fait trop, soit pas assez. Et à force de passer d’un extrême à l’autre, nous, on décroche, jusqu’à une prochaine écoute peut-être.