Angus & Julia Stone est un duo pop-rock aux résonances folk assez marquées. Frères et soeurs, les deux australiens semblent partager un amour, qu’on imagine familial, pour la musique principalement acoustique, les arrangements soignés, les harmonies vocales et la production simple. Angus, qu’on a même pas regardé, et la charmante Julia se partagent le chant sur cet album qui, disons le tout net, ne marquera pas les annales. Trop mou, trop contemplatif, trop répétitif et, conséquence logique, trop long. On pourrait blâmer la production de Fran Healy pour ça mais on ne frappe pas un homme à terre, donc pas de blague sur monsieur Travis. Pour illustrer cela, voyons le deuxième titre « Here we go again ». Chantée par Julia et sa voix particulière, cette bluette offre d’intéressants passages, sur le break notamment, mais la fratrie s’évertue à répéter le refrain encore et encore. Idem pour « Wasted », pourtant pas loin d’être vraiment touchante, mais trop longue, si bien que la chanson est gâchée…

Les influences familiales sont manifestes : Neil Young acoustique pour monsieur (l’ouverture « The beast »), on pense parfois à Moldy Peaches chez mademoiselle ainsi qu’au versant acoustique de Eels, les arrangements et l’intro de « Hollywood » donnent envie de fredonner « My beloved monster ». Le problème ne tient pas dans les compositions elles-mêmes, toutes valables et souvent charmantes, mais dans leur enchaînement : même déprimé et sous Prozac il semble difficile de réussir à écouter l’album d’une traite. Les titres se ressemblent tous, la voix particulière devient vite irritante et on regrette vite le premier titre, « The Beast », qui annonçait pourtant de bonnes choses. Si bien que le retour au chant de Angus sur la fin du disque est un soulagement, surtout lorsqu’il sort un titre à la Belle & SebastianStranger soldier »). D’ailleurs la fin du disque est étrangement bien plus réussie, plus originale et surtout moins sur le mode complainte qui place cet album loin de la catégorie redoutée du disque coloscopique.

Disque de fond sonore typique qui par moments parvient à capter l’attention, il y a pourtant dans A book like this des titres qui surnagent (« The beast », « Another day », « Silver Coin », « Stranger soldier ») mais le tout est trop uniforme. Encore une fois, on sombre assez rapidement dans la BO de série pour adolescents, surtout sur le milieu de disque vraiment pesant. C’est dommage car rien n’est vilain ici, rien ne dégouline, rien de foncièrement repoussant et sur la fin A book like this offre des moments jolis et intéressants, voire plus, et on se dit qu’il aurait peut être juste suffi d’un peu d’autocensure à Angus & Julia Stone pour livrer un album vraiment réussi en lieu et place de ce disque un peu trop souvent lénifiant, à moitié captivant. Dommage.