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Assurer un concert un 29 Février n’est pas chose courante mais les Foals avaient apparemment décidé d’achever leur tournée européenne en beauté avec cette rare date du calendrier et surtout un passage dans la plus grande salle de la capitale des Flandres, le très critiqué Zénith de Lille. Retour sur cette date quasiment 3 ans après leur dernier passage.

PRÉCHAUFFAGE.

En 2013, le groupe était passé par une salle de 2000 personnes, l’Aéronef, cette année, le cap du Zénith fut plus difficile à passer. Le groupe est loin d’afficher complet dans une salle pouvant accueillir 7000 personnes mais la fréquentation du soir est honorable (bien que décevant pour les tourneurs locaux de source sûre) mais, à ma grande surprise, le public va se révéler de qualité, compensant par là cette petite déception du côté de l’organisation.

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Ayant complètement zappé la première partie pour cause de sortie tardive du boulot, j’arrive quelque peu rassuré sur un fait, je ne peux pas rater mon passage dans la fosse afin de faire des photos. Particularité du soir, le groupe demande à être photographié sur le rappel et non ses 3 premiers titres comme lie veut la « coutume ».
Ce qui m’allait très bien tant le groupe démontre souvent une réelle tendance à emballer ces dates au fur et à mesure des titres. Ce passage au Zénith ne va pas déroger à la règle et tant mieux car si Yannis et sa bande doivent se chauffer, le Zénith de Lille nous offre une bonne frayeur avec l’arrêt brutal des enceintes dès le premier titre « Snake Oil », on tremble tant on sait que la salle dispose d’une des acoustiques les plus critiquées.

Encore une fois, le groupe ne faillit pas à sa réputation de diesel et on ne s’en plaint pas.

Mais heureusement, le son revient très vite, le groupe très pro n’ayant même pas interrompu le titre, reléguant ce fait au titre d’anecdote. En tout cas, le groupe me surprend en claquant toujours des titres d’une période que j’imagine souvent révolue chez eux, à savoir, la période sautillante et pourtant excellente d’Antidotes et enchaine un « Olympic Airways » plutôt bienvenu pour les amateurs de la première heure surtout avec « My Number » derrière. Si le groupe met souvent du temps à se chauffer, niveau setlist, ça commence fort. Un début créant peut-être même un décalage avec une suite moins enlevée à base de « Birch Tree/Give It All » » du dernier album pour mieux repartir sur « Mountains At My Gates » et bon dieu ! « Balloons » ! Ça passe toujours aussi bien.

TURBO INJECTION.

J’avoue que cette doublette tirée du dernier album ne m’a pas semblé fonctionner, on pourrait invoquer un tempo plus lent, pourtant le groupe va nous prouver avec « Spanish Sahara » que le tempo n’a rien à voir, certes la douceur de l’intro laisse vite place à un tempo plus enlevé mais c’est justement sur ces titres plus longs, plus épiques que le groupe semble à même d’emmener la salle avec lui. Et dès lors, le groupe semble lâcher un peu plus prise pour fédérer la salle. Parlons-en d’ailleurs car après nous avoir réveillés un peu plus encore sur « Red Socks Pugie » (rappelant là aussi la période « Antidotes » du groupe), c’est sur l’excellente « Late Night » que le public va surprendre le groupe, reprenant encore et encore à tue-tête les paroles du refrain « Stay with me ». Une situation qui ne manquera pas d’amuser le groupe, surpris de voir un public continuer à chanter encore et encore la fin de cet intense titre, obligeant un quasi monolithique Yannis (disons ultra concentré) à sortir de sa réserve pour dire « We’re here with you ! We’re not going anywhere ! » Seules les premières notes de l’excellente « A Knife In The Ocean » auront su interrompre ce chant. Pour le coup, je félicite mes compères lillois car la dernière fois que j’étais venu au Zénith, c’est pour Kasabian et le public avait été affligeant de mollesse malgré une salle plus remplie. Preuve que ce concert avait su attirer la crème de la crème des spectateurs. Le groupe, désormais dans les tours, balance un « Inhaler » sentant le souffre avant d’assurer son rappel. Encore une fois, le groupe ne faillit pas à sa réputation de diesel et on ne s’en plaint pas. Comparé à 2013, le groupe m’a semblé quand même plus dans son concert malgré le fait que Lille signe en même temps la fin de leur tournée européenne. D’ailleurs, Yannis ne se ménage pas allant même jusqu’à mimer ses paroles sur « A Knife In The Ocean «, ça m’a surpris de voir le frontman joindre le geste à la parole mais je mentirai en disant que je ne kiffe pas les couplets de ce titre « Unstitch the suture, please pause the future, so I can collect my things, The fire is coming but we’ll outrun it, we’ll never be undone.. » Je vous laisse imaginer les mouvements à faire…

COMBUSTION.

Preuve que la soirée fut bonne, le groupe qui a surtout assuré des rappels de deux titres sur sa tournée nous gratifiera de trois titres ce soir (autant dire à la plus grande joie des photographes aussi). Ainsi « London Thunder » vient s’ajouter au rappel qui donnera l’occasion à Yannis de se jeter dans le public avec le titre « What Went Down », qui ne manquera pas d’enflammer un peu plus la salle avec son refrain de fou furieux. Mais c’est bien « Two Steps Twice » qui viendra clore une nouvelle fois cette date, comme en 2013, pour mon plus grand plaisir.

Vous l’aurez compris, si des fois, on a l’impression que les Foals sont tiraillés entre titres plus contenus et rage intérieure, c’est surtout que le groupe, ultra rodé et carré, sait ménager ses accélérations et surtout sa montée en puissance pour finalement conquérir le Zénith. Hormis ce petit ventre mou « Birch Tree » / « Give It all », le groupe aura réussi le grand chelem dans une salle qui méritait franchement une foule plus conséquente. Peut-être que les lillois auront eu vent d’avoir loupé l’un des tout bons concerts de ce début d’année 2016.

J’en profite pour remercier Amael et Arnaud de chez Warner, toujours au top avec nous.