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Le deuxième jour du Download Festival France aura-t-il confirmé le sentiment globalement positif du premier ? Pour le savoir il faudra lire l’article en entier ! Ou aller directement à la conclusion. C’est possible aussi.

Download jour 2 © David Tabary

Comme tout le monde nous avions consulté les augures météorologiques avant de venir et celles-ci étaient catégoriques : vendredi c’était sympa mais à partir d’aujourd’hui on n’allait pas y couper. On allait se faire rincer !
Comme une confirmation, c’est une pluie légère qui s’abat sur le festival quand on arrive pour aller voir Apocalyptica. Les k-ways sont sortis et (LE CANCER !) les parapluies aussi.

Les finlandais entament leur set par de l’instrumental mais font rapidement appel à leur chanteur, l’ancien guitariste de Scars On Broadway Franky Perez. Et il commence par le plus difficile avec “I’m Not Jesus“. Le pauvre Franky souffre alors logiquement de la comparaison avec Corey Taylor, mais s’en tire plutôt bien au final.
Comme 2016 marque les 20 ans de leur premier album “Plays Metallica by Four Cellos“, le groupe annonce bientôt revenir avec une tournée anniversaire (pour laquelle on imagine que Franky restera à la maison). Et pour appuyer leurs propos, les violoncellistes passent à la partie que tout le monde attendait, un karaoké géant sur “Seek And Destroy” de Metallica. Puis, comme on a l’air trop gentils, ils décident de nous punir avec leur version de “In the Hall of the Mountain King”.

La pluie diminue progressivement jusqu’à s’arrêter, mais sur le moment on s’en fout un peu puisqu’on se dirige à présent vers la seule scène sous tente pour aller voir les très bons Arcane Roots.
Tout d’abord il faut dire que c’est quand même assez drôle qu’ils jouent le même jour que Biffy Clyro. Les gens vont s’en rendre compte que c’est pareil non ? Enfin au moins c’est le même public.
On a déjà parlé d’Arcane Roots et leur prestation du jour ne nous aura pas fait changer d’avis : oui Arcane Roots ressemble beaucoup à Biffy Clyro, tant physiquement que par leur attitude ou par leur son. Mais ils retiennent vraiment le meilleur du Biff. Pour vous donner une idée, on a l’impression de voir Biffy Clyro avant qu’ils ne soient passés du côté obscur. Des compos déstructurées, un petit air bien schizophrène limite dérangeant, peu de grands refrains mais une énergie folle.
Leur concert du 17 novembre à la Maroquinerie avait été annulé suite aux événements du 13 et les anglais étaient impatients de revenir nous en coller une. Le chanteur annonce que leur prochain album est enfin terminé et qu’ils reviendront bientôt nous le présenter. Très bien, faites, on est là, on bouge pas.

De l’autre côté sur la stage 2, c’est Mass Hysteria qui déverse un torrent d’énergie positive sur la foule. Il semblerait que Mouss Kelai et sa bande aient peu apprécié d’être programmés à 15h et non dans la soirée (“Merci d’être venus si nombreux à l’heure du petit déjeuner”, “merci de soutenir la scène française”, “on voulait passer à 19h mais ils n’ont pas voulu”). En guise de représailles, le groupe a donc décidé de foutre un énorme bordel devant la scène. Mouss demande au public de tourner, ça slamme de partout, jusqu’à ce que Mouss jète : “on va descendre avec vous au milieu !” Et lui de se retrouver au milieu du public, entouré de membres de la sécurité. “Tournez tous autour de moi !” se met-il à crier. Scène incroyable dont il avouera ensuite qu’elle lui a coûté un coup de micro dans les dents. “Mais c’est le jeu !” Enorme claque que ce concert !

Enfin c’est l’heure de la pause gastronomique au food truck d’une petite compagnie belge qui aurait à ce qu’il parait été récemment rachetée par un roi américain. Aussi heavy qu’un Giant Max, c’est Saxon qui fait son entrée sur la mainstage. Le public accueille joyeusement le chanteur Biff Byford aux cris de “Mon the Biff! Mon the Biff!”. Ah non. Ça ce sera plus tard. Les anglais enchaînent les classiques, pour le plus grand plaisir des fans legacy.

Petit détour par One Ok Rock et son J-Rock sirupeux. A moins d’être déjà amateur du genre, le public metal a eu du mal à accrocher, si bien que l’essentiel de la population a migré de l’autre côté du festival pour aller attendre leurs compatriotes…

Babymetal ! Le groupe d’idols japonaises est clairement la sensation du moment et c’est une bonne partie des festivaliers qui se masse devant la mainstage pour voir ces petites filles dont tout le monde parle.
Le groupe de kamis tout de blanc vêtus vient faire son soundcheck un peu avant l’heure puis repart. Ils reviennent à 18 heures sous les cris de la foule et… repartent. Cinq minutes plus tard ils reviennent alors que se lance le teaser vidéo du concert puis… attendent. Et finissent par repartir.

S’en suivent alors vingt minutes à meubler. Si vous êtes déjà allés à un festival metal alors vous savez surement que les metalleux n’ont pas besoin de grand chose pour s’amuser, ou même s’amusent plus quand ils ne se passe rien. C’était exactement le cas ici. Les caméras filment des mecs déguisés en Power Rangers, le super populaire mec déguisé en Pikachu au premier rang qui finira par se cacher, et toutes les meufs sur les épaules de leurs copains. Mais attention, la régie ne rigole pas avec la nudité et filme systématiquement le dos de celles qui osent enlever le haut. Le régisseur finira par s’avouer vaincu quand un festivalier porté par un autre montrera fièrement sa bite à la caméra.

Ouais, un #circlepit pendant #BabyMetal ! #DownloadFestivalFrance #DWLFR16

Une photo publiée par @visualmusic le

Tout ça c’est bien sympa, mais comme le crie un mec derrière “on veut les gamiiiiiiiiines !“. Elles finiront par arriver sans qu’on sache ce qui les a retardées et le WTF complet de la scène suffit à faire oublier l’attente. On savait ce qu’on allait voir et c’était en rien une surprise, mais quand même. Le sentiment qu’on éprouve en regardant Babymetal effectuer des chorés de spectacle de fin d’année japonais devant une foule de metalleux qui répondent avec une rigueur martiale à chacune de leurs sollicitations peut se définir ainsi : “c’est n’importe quoi”, “c’est génial”, “c’est badass”, “c’est ridicule”, “c’est trop mignon”, “c’est quand même un peu dérangeant”. Tous ces sentiments en même temps.

Gros changement d’ambiance avec les fiers vikings d’Amon Amarth. On n’y restera pas longtemps mais les northmen font une très bonne impression. Pour vous donner le ton on dira juste que les mecs ont fait une chanson debout sur les têtes de deux géants dragons de pierre.

Retour sous la tente de la scène 3 avec Twin Atlantic. Tout d’abord il faut dire que c’est quand même assez drôle qu’ils jouent le même jour que Biffy Clyro. Les gens vont s’en rendre compte que c’est pareil non ? Enfin au moins c’est le même public. Hein ? Oui on l’a déjà dit, c’est parce qu’il y a deux groupes qui officient dans le genre “Biffy Clyro”, et que ces deux groupes sont là aujourd’hui, le même jour que les patrons.
Si Arcane Roots reprends le côté fou et expérimental des débuts du Biff, Twin Atlantic hérite des refrains et… de l’accent écossais. On va insister sur ce point, parce que si l’accent de Biffy Clyro s’entend surtout entre les chansons, celui de Twin Atlantic est absolument inévitable et fait partie intégrante de leur personnalité. Vestimentairement, on constate avec soulagement que les écossais ont arrêté de se déguiser en Biffy Clyro, ce qui prêtait à sourire à leurs débuts mais aurait pu devenir assez gênant à la longue.
Toujours est-il qu’ils ont fait quelques progrès question jeu de scène et que l’ambiance qu’ils arrivent à mettre sous la petite tente est assez incroyable.

En attendant le Biff (bis) : #TwinAtlantic! #DownloadFestivalFrance #DWLFR16

Une photo publiée par @visualmusic le

Puisqu’on parle des patrons, les voilà. Biffy Clyro débarque sur la mainstage, marque une pause, puis attaque avec le nouveau titre “Wolves Of Winter”.

Avec des setlists essentiellement composées de leurs chansons les plus radio friendly et un reniement quasi complet de leurs albums pré-“Puzzle“, les lives de Biffy Clyro avaient fini par lasser. Le concert de ce soir suivra malheureusement cette tendance, mais leur dernier concert parisien datant de 2013, on est juste contents de les retrouver. Ce soir on ne fera donc pas les difficiles, on kiffera les toujours folles “Living Is a Problem Because Everything Dies” et “That Golden Rule”, on chantera en mode groupie #coeuraveclesdoigts sur les balades, et on constatera que les chansons d'”Opposites” n’ont finalement pas si bien vieillit.

Petit événement, ce Download Festival France marquait la première venue française de Jane’s Addiction depuis 2003. Alors qu’on aurait pu penser qu’arriver après la fin du concert de Biffy Clyro serait un problème pour s’approcher de la Stage 2, on s’en approche finalement bien facilement, trop facilement. C’est vide.
Les premiers accords retentissent et semblent bien trop forts, mais surtout, bon, comment dire ça de façon diplomatique… Non, le son est franchement dégueulasse. Si cela pouvait déranger légèrement au concert de Ghost la veille sur la même scène, ici le problème ne peut pas être ignoré et gâche un peu le plaisir de voir enfin la formation.

Le show compense visuellement avec des strip-teaseuses qui viendront danser langoureusement autour du groupe et se prêteront même à un exercice de suspension, mais ceci contribuera apparemment à faire fuir une partie du public, déjà peu nombreux.

La journée s’achève avec la tête d’affiche qui aura donné l’occasion aux détracteurs du festival de médire, les trve neo-metalleux de Korn !

Korn représente parfaitement l’état du neo-metal d’aujourd’hui. Les gens passent leur temps à cracher dessus toute l’année mais le jour du concert tout le monde saute. Le groupe enchaine les classiques et livre quelques raretés. Si on est loin du plaisir affiché lors de la tournée du retour de Head, ils ont quand même l’air de bien s’amuser.
Il va falloir s’y faire mais oui, Korn mérite bien sa place en tête d’affiche et semble enfin sorti du trou.

Ce samedi les festivaliers sont venus et bottes et repartis avec des coups de soleil. La pluie tant redoutée n’est finalement tombée qu’une petite demi-heure en début d’après-midi. Ceci ne permettra donc pas d’évaluer l’état du festival en cas de boue, mais au pire tant mieux non ?
Toujours rien à redire sur les navettes, suffisamment présentes, et l’entrée semble s’effectuer un peu mieux que le premier jour même s’il faut apparemment toujours s’armer de patience. Un problème de son sur la stage 2 qui peut sembler un peu inquiétant, à voir pour la suite.
Allez, s’il pleut autant dimanche que samedi ça devrait le faire !