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Jamais en place et toujours en route, le Feu! Chatterton posait ses valises de dandys un soir le temps d’un Olympia. Complet et prêt pour célébrer l’un des meilleurs disques de 2021, Palais d’Argile.

Une vidéo d’Anthony Fantano qui critique le dernier Feu Chatterton ! Il n’en fallait pas plus pour nous intriguer : en quoi un album totalement francophone peut-il traverser les frontières et attirer le plus suivi des YouTubeurs musicaux ? Voilà notre premier contact avec Palais d’Argile. Un long disque magistral qui mélange la chanson française, une ambiance disco que ne renierait pas LCD Soundsystem et dans l’ensemble une maîtrise qui nous étonne encore.

20h45, il ne faut pas les pousser pour que le groupe prenne place pile à l’heure sur une scene entourée de structures rectangulaires qui sauront s’habiller des jeux de lumières de la soirée. Drappés dans leur habituel style très sixties, les locaux de l’étape nous accueille avec « Compagnons« . Bon ambiance et détente pour démarrer d’un Olympia qui sera resté assis au moins 8 secondes. Se pose la question de l’intérêt d’avoir mis des sièges sur cette date.

Feu! Chatterton s’amuse à jongler dans sa carrière en mariant les disques avec le fil conducteur de la mer, muse constante de leurs chansons, ou simplement lorsque les univers des titres se mêlent le génial triptyque du dernier disque : « Ecran Total« , « Cristaux Liquides » et « Cantique« . Du même tonneau, « La Mer » ou « L’homme qui vient » auront été des moments remarqués en première partie de concert.

Les titres les plus populaires s’étirent à l’infini comme « La Malinche » qui gagne les suffrages des danseurs. Dans nos blocages de l’année, il n’aura manqué que « Aux Confins » dans la setlist au sein d’un concert qui saura servir tout le monde quelque soit le type de morceau préféré par le public.

Si l’on peut ne pas accrocher au style ou au verbe du groupe, il faut se lever tôt pour les prendre à défaut musicalement. Justesse et aisance derrière les instruments, dont les moments d’énervement sur « Libre » ou « La Mort dans la Pinède » montrent bien leurs capacités à s’emballer sans défaillir. Une qualité dans les arrangements et l’acoustique que l’on retrouve également chez les grands groupes anglo-saxons chiadés comme Radiohead ou The National. Arthur Teboul a une vraie faculté à amener du coffre ou de la folie en fonction des émotions, tout en captant la plupart des regards pendant l’intégralité du show. Attention de tous les instants, déhanchés, standing ovation et refrains repris à l’unisson, le public est conquis à raison. « Un Monde Nouveau » a vraiment fait passer le groupe dans une autre dimension et les chants répétés pour terminer le titre repris par tout le public nous ont tous clairement fait passer dans l’euphorie.

Avec un dernier rappel inattendu autour de « Sari d’Orcino« , le groupe nous laisse rempli de joie le regard sincèrement ébahi devant tant d’applaudissements. 18 morceaux, deux rappels, 2h25 de concert, ils n’avaient pas envie de partir et nous n’avions pas envie de les laisser non plus. Magnifique incarnation de leur dernier disque et parfait résumé de leur discographie, ce set prend tous les aspects de concert de l’année. Enlevé, généreux, sans temps mort et intense, on a déjà hâte d’allumer la prochaine mèche. Abonnés des festivals et loin d’être radins dans les dates de province pour sa tournée, il faudra faire exprès pour passer à côté. Dépêchez-vous, les dates sont très vite complètes.

 

En 2022, Feu! Chatterton sera à Bruxelles le 19 janvier, à Lille le 22 et à Paris le 10 février.