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Après une édition 2017 placée sous le signe de la chaleur, 2018 n’allait pas nous décevoir avec beaucoup de coups de soleil à cœur. Retour sur notre première journée en Enfer.

Le Black Metal vaincra

Après un réveil plutôt difficile et une petite attente pour récupérer mon pass photo, nous voici en route pour cette édition 2018. Une première journée avec quelques groupes intéressants mais pas aussi passionnante qu’elle aurait pu l’être… question de point de vue ?

Résonne dans ma tête les mots de Ben Barbaud qui, dans une interview, se demandait comment renouveler le public Hellfest et surtout, son line-up, car force est de constater que les groupes vieillissent. L’affiche de cette année le confirme avec la part belle à la nostalgie.

Histoire de ne pas rester dans ma zone de confort (ça, c’est pour demain), je décide de m’aventurer un peu dans les diverses autres scènes. Comme l’année dernière, je commence mon périple avec le black metal de SCHAMMASCH. Je ne viens pas de cette scène que je n’ai découverte (dans le bon sens du terme) que sur le tard… et je ne vais pas mentir, Hellfest m’a beaucoup aidé à dépasser mes a priori sur ce genre musical. C’est ça aussi, la magie de ce festival.

Outre l’aspect musical, j’adore m’aventurer dans les concerts de black pour les costumes et autres mises en scène qui redoublent d’inventivité. La photographe en moi est ravie. SCHAMMASCH ne me décevra pas : leur musique sombre et planante m’emporte, l’univers mystico-religieux du groupe me touche et je trouve l’ensemble particulièrement envoûtant.

Je continue dans ma lancée et me précipite à la Valley pour voir Celeste. Au même titre que Regarde Les Hommes Tomber, le groupe a su me toucher en plein cœur avec son black metal teinté de sludge, doom et post-hardcore. Présentant majoritairement des titres de son nouvel album Infidèle(s), ce bon gloubiboulga sera délivré en toute sobriété et avec brio.

Premiers amours

Après cette parenthèse dark, je reviens à mes premiers amours en me dirigeant vers la Main Stage pour Converge. Fait étonnant : bien qu’il soit un de mes groupes favoris, je ne l’avais jamais vu sur scène jusqu’alors. Je vais enfin pouvoir mettre fin à ma malédiction (long story short, Converge décide de venir jouer en France à chaque fois que je pars en vacances, et ce depuis 15 ans) et trépigne d’impatience à l’idée d’enfin voir mes héros sur scène.

Et vous savez ce que l’on dit quand on attend trop longtemps pour rencontrer ses héros : on est déçu. Je ne fais pas exception à la règle. La prestation était très en deçà de ce dont le groupe est capable (fatigue ?), le public pas au rendez-vous, le son horrible, les nouveaux sons peu convainquant sur scène et globalement un lieu pas adapté à ce genre de groupe. Je comprends que la notoriété du Converge impose une Main Stage, mais la War Zone aurait été parfaite. Gros regret donc.

Je décide de rester pour Joan Jett & The Blackhearts, par curiosité. La bonne idée ! La dame impose le respect, toujours aussi classe sur scène. Le show est bien millimétré, on passe un super moment entre amis et je me dis que j’aimerais bien lui ressembler plus tard. Une belle figure charismatique dans ce paysage un peu trop masculin.

J’enchaîne avec MESHUGGAH qui m’avait foutu une sacré claque au Download. J’ai donc adoré tendre la seconde joue et suis repartie avec une belle marque de main sur la gueule. C’est lourd, c’est dense, c’est massif : accompagné d’un décor dantesque très Gigerien, le quintet n’a pas failli à sa réputation et a livré un set carré d’une précision folle. Le public ne s’y trompe pas et répond massivement à l’appel de cette messe collective. On regrette presque que le show n’ait pas été de nuit, histoire que le lightshow ajoute encore une couche à ce concert déjà incroyable.

Après un bref arrêt à EUROPE pour apprécier The Final Countdown (on ne se refait pas), je me balade avant de me diriger vers Church of Misery.

Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe, on a affaire à un quatuor japonais qui exprime dans chaque chanson sa passion pour les serial killers. Oui oui. Le décor est planté et, fidèle à sa réputation, COM délivre un set psychédélique et dingue, dans tous les sens du terme.

Les pionniers

J’aurais pu ensuite aller voir Solstafir, mais soyons honnête : l’attraction de la journée, c’était Hollywood Vampires. Un nom putassier pour un line-up tout aussi indécent (pour rappel : combo de Alice Cooper, Johnny Depp et Joe Perry) et qui préfigure un dégueulis de kitch. Formé à l’origine pour honorer la mémoire des grands pontes du rock aujourd’hui décédés, Hollywood Vampires honore le contrat et balance une avalanche de tubes des années 70, ponctuée de quelques compositions pas du tout mémorable. Le public vieillissant du Hellfest est pourtant ravi, on est dans un karaoké géant niveau +++ et au final, on s’amuse plutôt pas mal. Rien de transcendant, mais un très bon moment où personne ne se prend la tête. Depp, un peu le wanted man du set, reste sobre et à l’écart, presque humble face aux monuments qui l’entourent. Petit moment de gloire quand le monsieur s’approche pour entonner Heroes de David Bowie, mais ce sera la seule mise en avant du monsieur. Le reste de la scène, c’est Alice Cooper qui l’investit à grands coups de canne, et franchement, il fait le show.

Malgré tout l’amour que j’ai pour Corey Taylor, je décide de faire l’impasse sur Stone Sour et me dirige vers EYEHATEGOD que beaucoup d’amis me conseillent.
Faisant partie de l’élite des papas du sludge, le groupe ne failli pas à sa réputation et littéralement retourné la Valley comme peu de groupes sont capable de le faire. Certains les diront vieillissant et dépassés, mais globalement, on passe un très très bon moment.

On termine cette journée revival par Bad Religion. Pour avoir vu le groupe plusieurs fois sur scène, je sais que je n’aurais pas droit à un show historique, néanmoins BR fait toujours le taff avec sourire et énergie. Une bonne petite fin de soirée punk-à-roulettes où les tubes (21st Century (Digital Boy), American Jesus, You pour ne citer qu’eux) font toujours mouche et entrainent une foule visiblement ravie de retrouver ces papas du punk.

Ainsi se termine cette première journée qui, sans avoir été sensationnelle et sentant un peu le vieux grenier, aura été parsemée de bonnes surprises. Mais nous sommes d’accord : la vraie journée, elle est demain.