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On a profité du passage d’Enter Shikari à Paris avec la tournée Stop The Clocks pour aller interroger Rob Rolfe (batterie, à gauche) et Chris Batten (basse, à droite).

Ce serait mentir que de dire qu’on était tout à fait à l’aise à l’idée de faire une interview dans une loge du Bataclan, mais la bonne humeur des deux anglais en valait bien la peine.

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Le Bataclan

Ce soir vous jouez au Bataclan. Après ce qui s’est produit ici en 2015 ce n’est plus une salle comme les autres. Pourquoi avoir choisi de jouer ici ?

Rob : C’est très important. Je pense qu’ils ont fait le bon choix en rouvrant aussi rapidement. Ça reste un lieu dédié à la communauté, à l’amour de la musique et des gens. C’est une façon de s’opposer à ces personnes et à ce qu’ils ont fait. Je pense que c’est très important que ça reste un endroit qui rassemble les gens, qui apporte du bonheur et beaucoup de joie.

On est honorés de jouer ici et de faire partie de l’histoire de ce lieu.

Stop The Clocks

La tournée s’appelle Stop The Clocks, du nom de la nouvelle chanson que vous jouez en concert. Vous ne l’avez pas encore sortie. Est-ce que vous prévoyez de la sortir en tant que single, ou plutôt sur le prochain album ?

Chris : Oui, on avait en fait prévu de la sortir il y a longtemps. C’est pour ça qu’on a appelé la tournée Stop The Clocks ! (rires) Après avoir discuté avec notre manager on a décidé qu’on préférait retarder un peu sa sortie. Alors on l’a reprise et on a fait quelques ajustements pour la perfectionner un peu. On est en train de la finaliser alors j’espère qu’on n’en aura plus pour très longtemps.

C’était aussi une façon différente de procéder : seulement la jouer live pour que les gens l’entendent pour la première fois en concert. Ça a généré une certaine excitation. C’était une petite expérience. Ça nous a bien plu.

 

 

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J’ai regardé vos récentes setlists et j’ai vu que vous jouiez beaucoup de chansons de « Common Dreads ». Est-ce que c’est une façon de discrètement célébrer les dix ans de l’album comme vous l’aviez fait pour « Take to the Skies » il y a deux ans ?

Rob : C’est exactement ça, ouais ! (rires) Sans donner une setlist entière à l’album, c’est une forme de reconnaissance. Une façon de dire « Joyeux anniversaire ! ».

Chris : Je crois qu’on a réalisé après avoir fait la tournée des dix ans de « Take to the Skies » la quantité de temps et d’énergie que ça nous a pris. On s’est dits « OK, si on doit faire ça pour chaque album, alors on ne va plus pouvoir jouer de nouveaux morceaux. » (rires)

Rob : Ouais, mais je pense aussi que comme « Take to te Skies » était le premier album qu’on ait sorti, il tient une place spéciale dans la vie d’un certain nombre de personnes et qu’il était important de leur donner ça. Je ne dis pas que ce n’est pas le cas des autres albums mais, peut être un peu moins… Je sais pas… Question suivante ! (rires)

 

A propos de « Common Dreads », vous jouez de nouveau le morceau « Step Up », qui est aussi le nom de votre marque de vêtements. Est-ce que vous avez prévu de sortir une nouvelle collection ?

Rob : C’était la marque de Rou. Je ne pense pas qu’il ait fait quoi que ce soit depuis un moment.

Chris : Il faudrait qu’on demande à Rou. Je suis sûr qu’il a des trucs prévus pour plus tard mais je pense qu’il a des choses un peu plus urgentes qui l’occupent en ce moment.

Rob : Oui, il a un nouvel album à écrire. (rires)

Vous avez récemment sorti deux albums live. Le premier avait pour thème votre premier album, tandis que le second se concentrait plus sur votre dernier album. Est-ce que c’est une façon de symboliser la période de transition dans laquelle vous vous trouvez, « The Spark » étant le début d’une nouvelle ère pour le groupe ?

Chris : Ouais, je pense que ça aide à symboliser cela. Ce n’est pas quelque chose qu’on a décidé consciemment. C’est juste qu’on voulait documenter ces deux aspects. Le concert au Alexandra Palace était un très gros concert pour nous, le plus grand qu’on n’ait jamais fait. Et pour le concert en Russie on voulait garder une trace de cette tournée anniversaire. C’était une bonne idée de sortir les deux en même temps.

Rob : Ouais, c’était deux grands moments pour nous à cette période précise. Et ça avait du sens de présenter ensemble notre premier album et nos morceaux les plus récents dans une sorte de « avant/après ». Tout le monde a fait le #10YearChallenge. C’était un peu notre #10YearChallenge ! (rires)

“C’était un peu notre #10YearChallenge !”

Dites-moi si je me trompe, mais cette tournée serait la dernière pour « The Spark » ?

Rob : Oui, mais on va faire quelques festivals cet été. Mais je pense que ces setlists seront moins dominées par « The Spark ». Il y aura des morceaux venant de tous les albums.

Des setlists de festival…

Rob : Ouais, « le best of » ! (rires)

Le nouvel album

Vous commencez à réfléchir à un nouvel album ?

Chris : Ouais, pendant la saison des festivals on va essayer de prendre le temps de commencer à l’écrire correctement. Alors oui, on va commencer par le jouer à l’oreille et voir où ça nous mène. Ouais, on a bien prévu d’enregistrer un nouvel album.

Rob : Ce qui se passe en ce moment c’est que Rou travaille furieusement en sortant des tonnes et des tonnes d’idées… et il stocke ces idées comme si c’était des noisettes qu’il cacherait pendant l’hiver. Dans quelques jours on se réunira et on ouvrira sa cache de noisettes pour voir ce qu’on pourra en faire. Et alors on pourra faire… une tarte aux noisettes ou quelque chose comme ça.

Chris : Un rôti de noisettes ?

Rob : Oui, cette analogie va bien trop loin ! (rires) Mais ouais, on va déballer toutes ses idées et voir ce qu’il a fait.

Un chose qu’on a fait par le passé, c’est d’envisager ça comme des ligues de football. La Premiere League et la Conference. On sort toutes ses idées et on différencie le meilleur du moins bon, ce qui n’est pas exploitable ou ne sonne pas comme Shikari… Puis on va un peu plus en profondeur et on travaille les chansons, les structures, les parties de chacun et… on modèle ça en un album.

“Dans quelques jours on se réunira et on ouvrira sa cache de noisettes pour voir ce qu’on pourra en faire.”

The Spark

Juste avant l’enregistrement de « The Spark », Rou été victime d’une forme grave de crise de panique. Est-ce que vous pensez que cela a influencé le ton de l’album ?

Chris : Je pense que ça lui a donné plus de confiance en lui pour parler de sujets plus personnels, particulièrement concernant les paroles qu’il écrivait. Avant il se concentrait plus sur des sujets sociaux et sur les grands problèmes globaux. Je pense qu’après ce qu’il a subi et après qu’il ait fait une thérapie, il a vraiment réalisé combien il était important d’être capable de partager ses sentiments. Je pense que ça s’est ressenti dans la musique et que ça lui a donné plus de confiance pour le faire.

Le thème général de l’album semble être un certain besoin de se déconnecter et de s’échapper de la pression de la société moderne. Est-ce que c’est ce que vous ressentez ?

Rob : Je pense que c’est le contraire en fait. Le thème le plus important qui se dégage des paroles de Rou dans le dernier album ce n’est pas tellement la déconnexion mais plutôt la connexion humaine. Le fait que se rapprocher des gens est un des besoins primaires les plus importants et son absence peut mener à une certaine négativité dans tous les domaines.

Je veux dire, il se passe tellement de choses horribles dans le monde qu’on aimerait tous se déconnecter, faire comme si ce n’était pas le cas et s’enfuir dans les bois mais ouais, on parle principalement de la connexion humaine.

“On parle principalement de la connexion humaine.”

Pour l’esthétique de cet album vous avez adopté un style d’agent secret rétro classe. Et comme vous êtes anglais, je suis obligé de vous poser la question : est-ce que l’un d’entre vous a été approché pour être le nouveau James Bond ?

Chris : On pourrait te le dire, mais on devrait te tuer ! (rires)

Rob : Ouais, c’est ce que j’allais dire mais j’ai pensé que ce serait trop cheesy !

Chris : C’était trop cheesy ! On adorerait être James Bond, nous tous.

Rob : T’imagines ? Si le nouveau James Bond était en fait quatre personnes ? (rires) « On est tous James Bond ! » Et on enlèverait nos masques… Enfin les masques c’est plutôt Mission Impossible, ah, c’est pareil…

“T’imagines ? Si le nouveau James Bond était en fait quatre personnes ? On est tous James Bond !”

Sparky

Sur scène vous avez le clavier spécial qu’on voit sur la pochette de l’album.

Chris : Sparky.

Ouais, vous l’avez appelé Sparky ! Maintenant que « The Spark » touche à sa fin, est-ce qu’il va prendre sa retraite ou est-ce que vous allez le mettre à jour ?

Chris : Je pense qu’on va continuer à l’utiliser… On l’a fabriqué ! Donc on a un lien personnel avec lui. Il boit trop ces derniers temps alors on commence à se faire du souci pour sa santé mentale. (rires)

Les possibilités sont tellement grandes avec ce qu’on en a fait et on a tellement de façons différentes d’être créatifs avec lui. Les sons qu’on peut produire… Il a un XY pad… Il y a beaucoup de choses qu’on peut contrôler avec lui qui peuvent produire des sons incroyables alors on va certainement continuer à l’utiliser.

 

The Prodigy

Hier a eu lieu l’enterrement de Keith Flint de The Prodigy. Vous avez tourné avec eux. Est-ce que vous les considérez comme une de vos influences ?

Rob : Absolument !

Chris : L’une de nos plus grandes.

Rob : Certainement une de nos plus grandes influences en grandissant, puis on a eu le privilège de tourner avec eux il y a quelques années. C’était un rêve qui se réalisait pour nous. Je me rappelle quand j’ai reçu le coup de fil de notre manager. J’ai dû lui faire répéter quatre fois pour être sûr que c’était bien ce qu’il disait.

La tournée était incroyable. On a fait dix-neuf concerts avec eux et chaque soir on avait la chance de jouer un set puis de voir jouer notre groupe préféré.

Ils nous ont tellement inspirés. Pas seulement musicalement, mais aussi du point de vue de leur performance scénique. À chacun de leurs concerts on se disait « Voilà ce à quoi on devrait aspirer ! ». Et les fois où on pensait s’être pas mal débrouillés on les regardait en pensant « Merde, on a encore du chemin à faire ! ».

Keith était le plus ouvert et communicatif. Il traînait toujours autour des salles de concert et distribuait de la nourriture. Il était si accessible et tellement gentil, c’était bouleversant d’apprendre la nouvelle. On garde de très bons souvenirs de lui.

Le Brexit

Hier était aussi la date initialement prévue pour le Brexit. S’il se produit un jour, quelles conséquences pratiques pensez vous que ça aura sur un groupe comme vous ?

Chris : En vérité on ne sait pas vraiment. Je veux dire, il y a les choses évidentes comme traverser les frontières. On doit souvent passer des frontières. Les restrictions sur la liberté de mouvement au sein de l’U.E. vont causer beaucoup de problèmes.

Rob : Les coût des visas… Je pense qu’on est à un point où on doit payer des visas pour jouer en Russie et aux États-Unis et donc on peut se le permettre, mais il y a des groupes qui tournent eux-mêmes dans des vans et reçoivent dans les deux-cent euros par concert, juste assez pour payer l’essence et un putain de sandwich le soir. Ça va surtout frapper ces jeunes groupes anglais. Ça va étouffer la créativité des anglais en l’empêchant de s’étendre au-delà de nos frontières. Je n’y vois que des aspects négatifs. Sans compter l’immense rupture que ça a créé au sein de notre pays.

“Ça va surtout frapper ces jeunes groupes anglais.”

Le Hellfest

Vous jouez au Hellfest cet été.

Rob : Ouais, on a quelques trucs prévus en France cet été. Je ne sais pas si tout a été annoncé mais oui, on va clairement revenir quelques fois cet été.

Le running order est en ligne, et vous jouez en même temps que Tool.

Chris : C’est un festival, il y a toujours des clashs. Ça fait partie du jeu.

Rob : Ouais, je pense pas que nos fans et les fans de Tool se recoupent tellement alors je pense qu’on aura quand même suffisamment de public. On est fans de Refused depuis longtemps alors on aimerait aller les voir pour nous mettre dans l’ambiance avant notre show. Ça devrait être sympa.

On a joué au Coachella une fois, sous une tente. Et Prince était sur la mainstage.

Chris : C’était un concert difficile.

Rob : Notre tente était putain de vide. (rires)

Chris : C’était une tente supposée accueillir dix mille personnes et on en avait… une centaine ou quelque chose comme ça.

Rob : Et on voyait les hordes de festivaliers qui passaient devant notre tente pour aller à la mainstage et on était genre « Hey ! On est là ! Hello ! ». (rires) Ouais, c’était dur. Je ne pense pas que ce sera aussi dur.

Lolu : Vous aviez déjà entendu parler du Hellfest ?

Chris : J’en ai entendu parler, ouais. Je ne crois pas qu’on y ait déjà joué mais ils ont un bon line up.

Lolu : C’est assez connu parce que l’atmosphère y est assez différente des autres festivals.

Rob : De quelle façon ?

Lolu : Le site du festival. On l’appelle le Disneyland des metalleux. En général les groupes qui y jouent trouvent ça incroyable et veulent y retourner.

Chris : Oh, cool !

Rob : Excellent, on dirait qu’on va bien s’amuser alors.

Lolu : Vous jouerez à la Warzone. C’est la meilleure scène. Elle a une atmosphère à la Mad Max.

Rob : Ah super ! Un truc post-apocalyptique !

Chris : Excellent !


Merci à Elisa de Him Media à Keith et bien sûr à Rob et Chris d’Enter Shikari !
Photos :  Lolu


ENGLISH VERSION

The Bataclan

Tonight you’re playing the Bataclan. After what happened here in 2015 it’s not just any venue. Why did you choose to play here?

Rob: It’s very important. I think that it was the right choice to reopen the venue as quickly as it did. It keeps this place about the community, about Paris, about the love of people and the love of music, in defiance of what happened and those terrible people. I think it’s very important for it to remain a place that brings people together and gives a lot of happiness and joy.

We’re honored to be playing here and to be part of it’s ongoing history.

Stop The Clocks

The tour is named Stop The Clocks after the new song that you are playing. It’s yet unreleased. Do you plan on releasing it as a single or maybe on the next album?

Chris: Yes, we did actually plan to release it quite a long time ago, that’s why we named the tour Stop The Clocks! (laughs) After discussing with our manager we decided that we wanted to hold off the release a bit. So we’ve gone back and we’ve done some tweaking and made it even more perfect. We’re just finalizing it now so hopefully it shouldn’t be too much longer.

It’s been a different way of doing things as well: only playing it live for people to only hear it live for the first time. It’s given it a real air of excitement around the song. It’s been quite a little experiment. We’ve enjoyed it.

 

 

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 I’ve checked out your most recent setlists and I’ve found that you play a lot of songs from “Common Dreads”. Is that a way to discretely celebrate the ten years anniversary of the album like you did for “Take to the Skies” two years ago?

Rob: That’s exactly what it’s all about yeah! (laughs) Without giving an entire set to the hole album, it’s basically a little nod to the album: saying “Happy birthday! Happy ten years anniversary!”.

Chris: I think we realized after doing the “Take to the Skies” ten years anniversary tour the amount of effort and time that we spent touring it. It was like “OK, if we have to do this every album we’re not gonna be able to play any new music.” (laughs)

Rob: Yeah, but also I think that, “Take to the Skies” being the first album that we ever released, it holds a very special place in a lot of people’s lives and it was important to give them that. I’m not saying that our other albums haven’t but, perhaps not so much and… I don’t know… Next question! (laughs)

About “Common Dreads”, you’ve brought back “Step Up”, which is also the name of your brand of clothing. Do you have plans for a new collection?

Rob: It was Rou’s brand of clothing. I don’t think that he’s done anything for a long time now.

Chris: We’d have to ask Rou. I’m sure that he’s got something that he wants to go back into in the future but I think other pressing matters are taking his attention.

Rob: Yeah, he’s got a new album to write! (laughs)

You’ve recently released two live albums. One centered around your first album and one more focused on your last album. Is that a way to symbolize the transition period you’re in, “The Spark” being the beginning of a new era for the band?

Chris: Yeah, I think it helps symbolize that. It wasn’t something we consciously decided. It was just that we wanted to document both aspects. The Ally Pally show was a very big show for us, the largest headline we’ve done. For the show in Russia we wanted to get some documentation of that ten years anniversary tour. It was a good idea to release them at the same time.

Rob: Yeah, that was just two very big moments for us at this particular time. It also made sense to have our first album and our most recent stuff together to show a “now and then” kind of thing. Everyone has been doing that #10YearChallenge. That was pretty much our #10YearChallenge! (laughs)

“That was pretty much our #10YearChallenge!”

Correct me if I’m wrong but this tour might be the last one for “The Spark”?

Rob: Yes, but we’re doing quite a few festivals over the summer but I think that those setlists won’t be as dominated by “The Spark”. There will be more music from all albums.

Festival setlists…

Rob: Yeah, “the best of”! (laughs)

The new album

What’s next? Do you have any plans for a new album?

Chris: Yeah, whilst in festival season we’re gonna try to get together and start writing properly. We’re just gonna start by playing it by ear and see how it goes. Yeah, definitely plans to record a new album.

Rob: What’s happening in the moment is that Rou is sort of feverishly working away and getting tons and tons of ideas out. He’s stashing them all away like they’re nuts hidden for the winter or something and then in a few days we’ll get together and unopen his stash of nuts and see what we’ve got to play with. And then we can make a… nut pie or something.

Chris: A nut roast?

Rob: Yeah, this analogy has gone too far! (laughs) But yeah, we’ll sort of open up all these ideas he’s been working on and see.

One thing that we’ve done previously is that we come at it like it’s football leagues. The Premier League and the Conference. We’ll pull all the ideas and see what is best and what is not quite as good, not bad but “least best”, or something that we don’ think is as workable or sounds like Shikari. Then we’ll go a little deeper and get into the nitty gritty of working on those songs, structures, parts and… turning them into an album.

“In a few days we’ll get together and unopen his stash of nuts and see what we’ve got to play with.”

The Spark

Just before the recording of “The Spark”, Rou suffered from a severe form of panic attack. Do you think that this influenced the tone of the album?

Chris: I think it gave him more confidence to talk about more personal things, especially in the lyrics he was writing. Before it was a lot more social and global issues that took the focus. I think that after he was having so much trouble and went into some counseling, it really opened up for him just how important it was to be able to share. I think that that came out in the music and it gave him a lot more confidence to do so.

The overall theme of the record seems to be a certain need to disconnect and to get away from the pressure of modern society. Is that something that you feel?

Rob: I think that it’s the opposite actually. Not so much disconnect but the human connection is one of the most important themes in Rou’s lyrics of the last album. How connecting with people is one of the most important base needs that people have and lack of can lead to a lot of negativity in different areas.

I mean, there are so much horrible things happening in the world. All of us would like to disconnect, pretend it’s not happening and run away to the woods but yeah, a lot of it is about the human connection.

“A lot of it is about the human connection.”

Esthetically for this album you’ve got quite a theme with a kind of retro classy secret agent vibe. So as you guys are British, I’m obligated to ask: did any of you get approached to be the new James Bond?

Chris: We could tell you be we’d have to kill you! (laughs)

Rob: Yeah I was gonna say that be I thought it would be too cheesy!

Chris: It was too cheesy! We would love to be James Bond, all of us.

Rob: Could you imagine that? If the new James Bond was actually four people? (laughs) “We’re all James Bond!” And we’d take our mask of… Anyway, that’s Mission Impossible with masks, ah, same thing…

“Could you imagine that? If the new James Bond was actually four people? We’re all James Bond!”

Sparky

On stage you’ve got the special keyboard that we see on the cover.

Chris: Sparky.

Yeah, you’ve called him Sparky! Now that “The Spark” is over will he go into retirement or will you upgrade him?

Chris: I think we’ll keep using him… We’ve built him! So we have a very personal interest in him. He’s been drinking too much recently so we’re worried about his mental health. (laughs)

The possibilities are so great with what we’ve done because we’ve just got so much scope for being creative with him. The sounds we can make… He’s got an XY pad… There’s a lot of things we can assign to control that can really create some amazing sounds so we’ll definitely keep using him.

The Prodigy

Yesterday was the funeral for Keith Flint of The Prodigy. You’ve toured with them. Do you consider them as one of your influences?

Rob: Absolutely!

Chris: One of our biggest.

Rob: Definitely growing up, and then we’ve had the privilege of touring with them quite a few years ago. It was a dream come true for us. I remember getting the phone call from our manager and I had to make him repeat it four times just so I understood that that was what he was definitely saying.

The tour was amazing. We’ve had nineteen shows with them and every night we’d just play a set and then go watch one of our favorite bands playing.

We’ve got so much inspiration from them. Not just musically, but from their performance as well. We’d always come back thinking “That’s what we’ve got to aspire to!”. And the times we thought we’d put on a good show we watched them and thought “Fuck, we’ve got a long way to go!”.

Keith himself, out of all of them, he was the most open and talkative. He was always hanging around the venues and handing catering or whatever. He was so approachable and really nice and it was really upsetting to hear the news. We’ve got very good memories of him.

Brexit

Yesterday was also the initial date for Brexit. If it ever happens, what influence do you think it will have on a band like you, practically?

Chris: It’s still a bit unknown really. I mean there’s obvious things like crossing borders. We have to cross borders a lot. The restraints on free movement across the E.U. is gonna cause a lot of issues.

Rob: Visas expenses and so on… I think we’re at a point where we have to pay for visas to play in Russia and America so we’re at a point where we can afford visas but there are bands that are just touring themselves around in vans and just getting a couple hundred euros a show, just about enough to get themselves going, to pay for the petrol or the fucking sandwich in the evening. It’s really gonna hit those young British bands the hardest. It’s gonna stifle the British creativity being able to expand outside of British borders. I can only see bad things coming from it. Not to mention the giant rift that it’s created in the middle of our country.

“It’s really gonna hit those young British bands the hardest.”

Hellfest

You’re playing Hellfest this summer.

Rob: Yeah, we’ve got a few French things going on this summer. I don’t know how much has been announced but yeah we’re gonna be back here quite a few times this summer.

The running order is now online, and you’re playing at the same time as Tool.

Chris: It’s a festival, there’s always clashes. It’s just part of it.

Rob: Yeah, I don’t think our fans and Tool fans will have much of a crossover so I think we’ll still get a decent audience. We’ve been long time fans of Refused so we’d like to go see them to get us energized before our show. It should be good fun.

We’ve played Coachella once, in a tent. And Prince was on the mainstage.

Chris: That was a hard one.

Rob: Our tent was pretty fucking empty. (laughs)

Chris: It was a tent supposed to fit ten thousand people and we had like… a hundred or something.

Rob: And we could see the hordes of people walking past the tent to go to the mainstage and we were like “Hey! We’re in here! Hello!”. (laughs) Yeah, that was bad. I don’t think it’s gonna be that bad.

Lolu: Have you ever heard of Hellfest before?

Chris: I’ve heard of it yeah. I don’t think we’ve ever played it before but it’s got a great line up.

Lolu: It’s pretty well known because the atmosphere is quite different from all other festivals.

Rob: In what respect?

Lolu : The setting of the venue. We call it the Disneyland of metalheads. Usually all the bands that play there find it amazing and really want to come back.

Chris: Oh, cool!

Rob: Excellent, sounds like it should be fun then.

Lolu: You’re going to play the Warzone. It’s the best stage. It’s got a Mad Max atmosphere.

Rob: Oh nice! A post-apocalyptic thing!

Chris: Excellent!


Thanks to Elisa from Him Media, to Keith, and of course to Rob and Chris from Enter Shikari!
Photos: Lolu