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Tête d’affiche de la deuxième journée du Levitation France, Shame remet les pieds chez nous après quasiment deux ans d’absence. Découvrir l’excellent Drunk Tank Pink en live, parler du futur et du passé, c’était le programme de notre discussion avec Charlie Steen, et Sean Coyle-Smith et Charlie Forbes. Respectivement chanteur, guitariste lead et batteur du meilleur groupe anglais du moment.

Back to School.

Alors vous étiez à Besançon hier ? 
Et oui, Festival Détonation hier et Levitation aujourd’hui ! Le line-up était fou, ça passait de la folk psyché, au métal, au screamo, à de l’électro gabber ! On a beaucoup aimé le groupe Gargantua. On s’est bien marrés et on a été assez surpris, les festivals sont là pour ça. 

Ça fait quoi de pouvoir enfin présenter Drunk Tank Pink en live ?

C’est top. Le disque est sorti en janvier mais on n’a rien pu jouer avant le mois de mai où on a fait des concerts en distanciation sociale, avec 100 personnes max. Si tout était normal, on serait déjà claqués avec une centaine de shows faits sur l’année. J’ai hâte que ça reprenne avec un rythme exotique et crevant.

Vous avez pu tester comment les morceaux des 2 disques se marient au sein de votre set. Comment vous le sentez ? 

Au début, on était assez flippés mais en fait, les transitions se font bien et sans coutures. Et on ne se sentait pas spécialement habitués au second album avant de l’enregistrer. Pour le premier, on l’avait joué jusqu’à la mort en live avant de vraiment l’enregistrer pour de vrai. On avait joué quelques morceaux mais la plupart restaient inédits pour tout le monde. 

J’ai souvenir de vous en première partie de FIDLAR à Paris en 2016. Depuis ce temps, je vous suis et je me souviens avoir entendu longtemps votre premier disque. 

C’était notre premier concert français ! Complètement bourré après le show, notre bassiste Eddie avait bloqué la main de notre guitariste dans une porte. 

J’ai au final attendu plus longtemps votre premier disque que le second ! Bref, comment s’est passée la collaboration avec James Ford pour le disque ? Il a changé l’orientation de certains morceaux comme « Human For A Minute », non ? 

C’était incroyable de bosser avec lui, on vient d’ailleurs d’enregistrer un nouveau single avec lui qui va sortir sous peu et qu’on joue ce soir. Son regard est décisif, il a vraiment une idée concrète de ce qui fonctionne ou non. Tu peux lui faire confiance sur les aménagements à faire. Il est en plus super drôle et cool pour collaborer. Il est plein d’anecdotes, quelques disques d’or et une grande maison. (rires) 

Est ce que vous pouvez m’en dire dire plus sur la création de « Snow Day » ? La chanson est beaucoup plus tortueuse que ce que vous aviez l’habitude de faire. 

Initialement, c’est venu par le riff. Ensuite, on a construit autour lors d’une session d’écriture en Écosse au printemps 2019. Ça nous a pris un peu de temps d’assembler le tout. On la joue ce soir également. Seules Human For a Minute et Great Dog ne sont pas dans le set parmi Drunk Tank Pink.

Comment vous fonctionnez pour la composition tous ensemble et est-ce que ça a évolué avec ce deuxième disque ? 

A l’époque où on répétait au Queen’s Head, c’était plutôt sous forme de jams. Ensuite, quelqu’un venait avec une idée, un riff et on jouait en live dessus. Pour le second, ça a été plus fragmenté. On a mis du temps à s’y mettre et on a travaillé à s’envoyer des bouts de chanson par Dropbox notamment. Quand on est tous dans la même pièce pour écrire, ça peut être contre-productif. Alors que si t’es là juste pour enregistrer, tu peux être plus précautionneux dans l’interprétation et le son des instruments. Ça prend du temps mais on arrive. 

Vous avez enregistré en France à la Frette. Est ce que vous êtes fortement influencé par le lieu géographique où vous êtes ? Si oui, est ce qu’il y a un endroit en tournée qui vous a marqué par son ambiance ?  

L’atmosphère est hyper importante. A La Frette, tu restes sur place en dormant à l’étage. On te sert de la bouffe excellente, du vin de qualité, tu vas te coucher en titubant et le lendemain ton p’tit dej est incroyable. C’est un endroit fabuleux, un peu comme les collines d’Holywood de Paris non loin de la rivière. Les intérieurs sont dingues aussi avec de belles maisons, des hauts plafonds. 

L’histoire du studio est déjà assez fournie avec Nick Cave, les Foals, IDLES et Arctic Monkeys. 

Oui, ils ont enregistré le dernier là-bas. Ils viennent d’ailleurs de… Non, j’ai rien dit… Bref, en étant en résidence dans un studio ce qui est parfait c’est que tu ne commences ou ne t’arrêtes jamais. T’es dedans, dans un tunnel et au studio pendant 14 h par jour et pour une durée de 2 semaines à te prendre la tête sur le son du cymbale. Tu n’as pas besoin d’aller quelque part, tu ne perds pas de temps. Même là pour le nouveau single, tu perds 2 h pour aller et revenir. 

Vous avez blagué pendant l’Euro sur la troisième disque. A quel point il est avancé ?  

C’était une fausse promesse. Il n’y a pas de troisième disque. On essaie de s’y mettre et le single en est une preuve. On va voir où la tournée nous mène.

C’est quoi la dernière chose qui t’a fait marrer en groupe ? 

Le concert de Gargantuan hier. On ne se foutait pas de leur gueule hein. Sinon on a pas mal d’éclats de rire en commun, souvent au détriment de l’un des membres du groupe. 

Vous vous connaissez depuis des lustres en plus, non ? 

En fonction des membres, entre 10 et 20 ans. Certains donc depuis l’âge de 4 ans. 

J’étais là lors de votre dernier passage à Paris, à l’Elysée Montmartre. C’était votre dernier concert européen avec Sorry en première partie. 

Ah oui, c’était canon ! On avait compté, c’était le 163ème concert de l’année. Jouer à Paris est toujours cool mais ce set était mémorable. On a fini par Feliz Navidad avec Sorry, on a une vidéo : c’était horrible. 😂 Cet endroit en plein milieu de Pigalle et à deux pas de Montmartre ressemble à un palace. D’ailleurs, on s’est fait avoir en achetant des Heineken : au lieu de nous rendre des euros, on nous a rendu des Thaï bats. 

On joue au Bataclan en mai prochain. Pour une fois, on jouera des salles en Europe à cette période de l’année. Juste avant Primavera où le line-up est complètement dingo. J’espère qu’on aura un break pour voir Pavement…

Quel chemin parcouru depuis ! Quels souvenirs vous gardez de vos débuts ?

Ça semble hyper lointain, on a du mal de se souvenir de quoi que ce soit. Le concert de Fidlar m’a marqué car c’était notre deuxième date en Europe et que leur premier disque avait marqué mes années d’ado. Le reste est assez flou et pour tout le monde. 

Dernière question un peu reloue, ça donne quoi les voyages pour un artiste anglais avec le Brexit ? 

Cette date avec Fidlar n’aurait jamais eu lieu dans le contexte actuel. Avec tout ce qu’il faut remplir administrativement, cela ne vaudrait pas le coup. Cela va être plus compliqué pour les nouveaux groupes de démarrer. Historiquement, les cachets sont moins élevés en Angleterre. Sûrement par manque de subventions pour les festivals notamment. On est donc mieux payés en Europe et le nombre de dates est, bien sûr, beaucoup plus important.
Nous, on n’est plus concernés par ça et on arrive à passer à travers les mailles du filet mais c’est triste pour les nouveaux arrivants. Le tour manager est indispensable pour saisir comment fonctionnent les visas et le nouveau système de carnet. 

Pour en savoir encore plus sur Shame et avant de les retrouver au Bataclan et au Primavera, direction notre podcast Circa 2010 !