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Ce soir, l’Aéronef régalait avec une double affiche pliée sous le signe des watts et du Démon en accueillant Zeal & Ardor qui a lâché un album éponyme d’une incroyable efficacité mais aussi et surtout les suédois de Meshuggah qui bénéficient d’une côte de plus en plus élevée dans le domaine du métal. Alors forcément, on a mis notre plus beau t-shirt noir, histoire de se fondre dans la masse et on s’est échauffés les cervicales avant d’entrer dans l’antre musicale du Démon.

Mort au Sacré.

Sur scène, Zeal & Ardor en impose d’emblée ! La formation évolue en rang serré, capée tels des moines sataniques. Autour de Manu Gagneux, deux personnes pour soutenir les choeurs et 3 musiciens pour assurer le combo, guitare, basse, batterie. Autant vous dire que cela envoie sévère, surtout que les mecs claquent d’entrée un combo « Church Burns » et surtout « Götterdämmerung », hymne officiel des Enfers saison 2022. Un titre placé bien trop tôt à mon goût puisqu’il m’est toujours difficile de choisir entre photos et headbang lors des trois premiers titres. 

Le public, encore en mode première partie, se montre néanmoins très attentif et sera finalement happé par le métal gospel du groupe. Il faut dire que des titres comme « Run » ont cette capacité à remettre l’autel du démon au centre du village pour notre plus grand plaisir. Et ce n’est pas le titre « We Can’t Be Found » qui calme les choses avec un déluge de décibels et de cervicales du public qui voleront sur scène. Le groupe excellant dans son registre mêlant gospel et riffs bien heavy.

 

C’est ensuite que Manu va enfin établir le contact avec nous autres, pauvres pêcheurs, avant d’enchainer avec le titre de brûlasse « Death To The Holy » confirmant un peu plus l’excellente qualité de leur dernier album. En restera une solide performance pour une première partie qui n’en était pas vraiment une, le groupe ayant évolué plus d’une heure, le temps de 16 titres et ce n’était clairement pas volé tant on aura pris plaisir à voir le groupe nous retourner la tête et les convictions religieuses.

Kolosses.

Puis vient l’heure des très TRÈS attendus Meshuggah ! Le groupe, qui était à Bruxelles la veille, passe en mode patator direct avec « Broken Cog » tiré de leur acclamé dernier album «  Immutable ». Les musiciens sont placés devant de gros panneaux lumineux invoquant le feu, la lave en fusion, comme nos rétines essayant de les discerner. Très vite, on comprend que ça va blaster, ça va poutrer, ça va défourrailler !

 

Si vous lancez un parpaing depuis un avion en haute altitude, sachez qu’il va accélérer jusqu’à une vitesse maximale, c’est la vitesse limite. Elle résulte du fait que la gravité accélère le parpaing mais que les frottements de l’air le freinent. Lorsque les deux se compensent on atteint la vitesse limite. Cette vitesse dépend donc de la forme et composition de l’objet ainsi que des propriétés de l’air. De manière plus simple si vous négligez les frottements de l’air, le parpaing aura comme énergie : l’énergie potentielle de pesanteur Ep=m*g*h où m est sa masse, g l’accélération de la gravité sur terre et h sa hauteur de chute. Ainsi une chute libre de 160 m est à peu près 160 fois plus forte qu’une chute libre de 1m. Vous n’avez rien compris ? Ou partiellement ? C’est pas grave, vous imaginez juste l’impact du parpaing dans la tronche lancé depuis un hélico et voilà ce que donne Meshuggah en live !

Le métal très technique des suédois donne l’impression d’un monolithe musical énorme, qui demande une certaine rigueur d’écoute, mais une chose est certaine, le groupe est en pleine possession de sa technique et le souffle des enceintes résonne jusqu’à l’extérieur d’un Aéronef en fusion. Le public ne s’y trompe pas et se fait gentiment démonter la tête par la clique scandinave qui enchaine les riffs avec une technicité rarement vue.

Il faut dire que la setlist est finalement réduite, 13 titres, rappel compris, en regard de la longueur moyenne des titres et de la capacité du groupe à piocher dans l’ensemble de sa discographie. Une lourdeur musicale bluffante qui m’a même, pour la première fois, permis d’expérimenter le concept de malaise intérieur tant les titres (par exemple) de l’album « Catch Thirtythree » ont cette capacité à vous retourner la tête et les intestins. Mais bordel, quelle puissance ! On a rarement l’occasion d’expérimenter une chose pareille et en ce sens, Meshuggah n’aura pas déçu ses amateurs !

J’en profite pour remercier Roger et Olivier de Replica Promotion pour ce live qui était assez phénoménal ! 🙌🏻