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S’il est un concert que j’attendais depuis un moment, c’était bien celui-ci. Suivant la formation américaine depuis un an, les différentes vidéos lives de Fever 333 m’avaient littéralement emballé. Et l’activisme apparent du groupe avait quelque chose de rassurant en ces temps d’incertitude politique de tous bords. La question était donc de savoir si le trio californien allait honorer mes espoirs en cette froide nuit belge à la salle Zappa d’Anvers.

ANVERS ET CONTRE TOUS !

C’est donc accompagné de l’ami T-Bow que l’on est allés rendre visite aux voisins belges et il ne faudra pas être en retard, car Fever l’affiche, pas de première partie sur cette tournée. Je ne m’en plaindrais pas tant cela m’agace de voir les organisateurs claquer des groupes sans aucun rapport avec la tête d’affiche (petite pensée pour le groupe ambiant d’une chiantitude absolue avant un bon gros NIN bien fat à l’Olympia en 2018). Le groupe encourageant chacun à discuter avec son voisin pour évoquer sa différence de culture dans un environnement safe. On ne peut clairement pas reprocher aux groupes d’agir en ce sens, surtout quand on voit The Psychotic Monks se désoler du contraire lors de leur passage, cette semaine,  au Trabendo. Preuve que rien n’est jamais acquis dans une salle de concerts.

Et c’est donc sur la tumultueuse « Made An America » que Jason Butler, accompagné de Stephen Harrison à la guitare et d’Aric Improta à la batterie, déboule en sprint pour chauffer d’entrée un public tout acquis à sa cause. Et d’énergie, le groupe n’en manque pas ! Jason hurle, gesticule, headbangue, traverse la scène de gauche à droite. Stephen balance sa guitare à tout va, chante en chœur avec le public, multiplie les sauts de kangourou. Le tout devant un Aric debout sur sa batterie, sautant par dessus celle-ci. Okay, Fever 333 carbure donc à la Red Bull !

FEVER 333 x RATM

Et ce ne sont clairement pas les titres comme « Only one » ou « Trigger », vrais brûlots que ne renierait pas RATM, qui aideront à faire baisser la température. La foule est clairement en fusion et le tout se fait dans une très bonne ambiance, sous le regard bienveillant de Jason. Celui-ci n’hésitant pas à remercier le public d’être venu, de leur permettre de faire cette tournée mondiale bla bla bla. Avouant être un père de famille comblé et même doublement, puisque sa femme attendait un second rejeton. Et c’est peut-être bien là où le bât va blesser me concernant. Non pas que je sois contre une politique de la bienveillance MAIS j’avoue qu’il y a une certaine approche très américaine à tout cela.

JE M’EXPLIQUE. Gavés aux blockbusters US, il est parfois agréable d’en prendre plein les yeux, d’être soufflés par l’aspect explosif de certaines scènes. Cela n’empêche clairement pas de regretter certains aspects très convenus de l’industrie hollywoodienne. Des rires s’échappent encore des années 90 quand, dans Independance Day, on pouvait voir le président américain sauter dans un avion de chasse, pour dézinguer de l’alien avec un drapeau US flottant derrière. Si le patriotisme ne fait aucun doute, les bons sentiments non plus (il fait ça pour son pays ET SA FAMILLE). Sauf qu’en temps de guerre, il faut parfois être dans le dur, ne faire aucune concession. Et en son temps, Rage Against The Machine, si l’on prend le maitre étalon de la musique contestataire, n’hésitait pas à foutre le bordel devant Wall Street pour en critiquer l’impact.

Refused chroniqué il y a peu, n’hésite pas non plus à invectiver son public, à alerter sur l’état de notre Europe, la montée des extrêmismes et finalement, Fever 333, pour un groupe si engagé, fait le minimum syndical. On entend bien parler un poil de l’état des US mais au fond, cela reste très cantonné aux seules paroles des titres. Et même sur scène, on retrouve cette dualité, si l’imparable, que dis-je, LE BRÛLANT titre « We’re Coming In » se veut sans concession dans son registre hardcore/punk, j’avoue être resté dubitatif quand Jason s’en est allé au sein du public jouer au piano « Am I Here ? », titre extrêmement gentillet ! Le groupe naviguant allègrement entre des sonorités brutes (« Hunting Season ») et des sonorités très très proches de Linkin Park, « Walking In My Shoes », qui est d’une incroyable similarité sonore.

MADE IN AMERICA

Ne vous méprenez pas, la prestation scénique fut franchement impeccable, rien à redire ! De plus, le groupe joue le fan service à 200% MAIS j’avoue que derrière des textes si engagés, j’aurais pensé le groupe plus vindicatif ! La relève des RATM n’est pas encore assurée et c’est peut-être ce que je redoute le plus pour la suite de Fever 333. Le risque de s’épancher dans une sorte de pathos musical que le dernier single « Kingdom » ne tend pas à calmer. La faute à une prod’ de plus en plus lissée, loin des aspérités du monde contesté dans les textes. Attention donc à ne pas tomber dans la câlinothérapie et la caricature rock où tel Muse au Stade de France, on projetterait des vidéos expliquant quand il faut lever le poing en l’air. Ce serait un véritable gâchis dans le cas présent.

J’en profite pour remercier  Matt, Sarah et Lisa pour ce pass photo !

🔥 SETLIST 🔥

Made an America
Only One (“Prey for Me” second part titled “3”)
Out of Control
One of Us
Brain Stew (Green Day cover) (with part of Old town Road)
Inglewood
Walking in My Shoes
Animal
Trigger
Am I Here? (Piano version)
Burn It

Encore:

We’re Coming In
The Innocent
Hunting Season