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Rendez Vous a choisi La Machine du Moulin Rouge dans son fief à Paris pour sa Release Party. Leur excellent premier disque Superior State est sorti deux semaines plus tôt et il mérite d’être célébré.

C’est dans une foule encore éparse et habillée de noir que nous découvrons Prurient sur les coups de 22h30. L’agression sonore est de mise avec une saturation de tous les instants sortant des synthés, accompagnés de lumières épileptiques et d’une voix issue des flammes de l’enfer. Un moment pas des plus agréables mais assez court. Heureusement, Poison Point fera le pont avec les Rendez Vous avec un style plus en rapport avec la tête d’affiche. Sec, dansant, eighties dans la référence et aussi parents d’un EP cette année sur lequel on te recommande Resigned Commander.

Noir, c’est noir.

Diffusé en direct sur France Culture, les Rendez Vous arrivent au compte gouttes sur scène avec une ambiance sonore très cinématographique que le cadre très caractéristique de la Machine ne fait qu’accentuer. Il ne manquerait plus que Bauhaus et on était dans The Hunger. Ça démarre vite, la fosse resserrée est moite en quelques minutes et sans crier gare, nous voilà en train de pogoter ma bonne dame ! On sent que les régionaux de l’étape ont quelques potes et connaisseurs dans l’assemblée et trois notes suffisent pour tout péter. Paroles gueulées, slammeurs et mini circle pit, on ne s’attendait pas à pareille bordel pour un concert démarrant à minuit dans une antre plutôt chaude pour clubber.

Le groupe a intégré un batteur récemment et grand bien leur fasse. Si la violence et la sauvagerie sont les créneaux choisis par Rendez Vous, les fûts donnent le coffre supplémentaire aux morceaux pour les faire vriller d’autant plus. Ses deux chanteurs se rendant bien la balle en termes de gnac pour habiter des titres assez énervés en studio. Avec une lourde basse, des synthés bidouillés et des grattes acérées, le cocktail fonctionne. En commençant par des titres plus “calmes” présents sur Euroshima, la bande gère son set en crescendo et enchaine les furies. Superior State et ses riffs bourrins en fin de track se prolongent ici dans l’excès le plus total. Double Zero et ses claviers complètement chtarbés, que n’aurait pas renié le Marilyn Manson des débuts, enflamme le reste des promesses des déos anti-transpirants. Et nous n’allons pas citer la totalité des morceaux du disque car tu devrais vraiment l’écouter.

La triturée Exuviæ est gardée pour la fin du set et bénéficie de l’énergie frénétique d’une fosse trempée et pas rassasiée. Transporté pendant une petite heure sous les coups de semonce, on se retrouve un peu hagard à la fin du show lorsque le format club reprendra ses droits. Comme si on avait rallumé la lumière en plein rêve halluciné. Prévue sans relâche jusqu’à la fin de l’année prochaine, la Expanded Corruption Tour pourrait donner à Rendez Vous des allures d’incontournables du circuit rock comme l’est devenu Savages en quelques années. Avec la même envie d’en découdre, ce côté rétro, cette application en live et cet âme, c’est tout le mal qu’on leur souhaite. Au-delà des références à la cold wave et à d’autres sons très cools, le live nous a aussi rappeler Pretty Hate Machine. Par moments, on pense à la bande-son d’un film de Gaspar Noé. Le hasard voudra qu’on croisera le réalisateur au fumoir. Coïncidence ?