Daria est un groupe qu’on aime sans trop savoir pourquoi. Est-ce à cause de ce nom rappelant le dessin animé emblématique ? (Nana Nana Naaaa…) Peut être apprécie-t-on leurs concerts maîtrisés, propres et sans bavures ? Ou alors cela vient de leur évolution musicale ? Il est vrai qu’entre l’EP ‘Tubes are warming up‘ qui fleurait bon le teenage rock façon Weezer et ce ‘Open Fire‘, il y a un monde: le groupe a grandi, en même temps que nos gouts. On est même prêt à leur pardonner un premier album fadasse (‘Silencer‘) qui a du mal à passer le stade de l’écoute unique. Le tout était de ne pas faire deux fois la même erreur.

Ca tombe bien, les angevins se sont appliqués à nous faire un album qui tient bien la route cette fois-ci. Les riffs tranchants s’entremêlent avec les mélodies ciselés, urgence et réflexion se rejoignent. Les morceaux sont concis (pas plus de trois minutes) sans pour autant que le groupe ne cède à l’avoinage sévère sans relief. Le groupe emprunte des voies explorées par les Foo Fighters (L’ouverture ‘I don’t forget‘), tout en jouant un rock mid tempo au chant rugueux et aux intonations rock’n roll. Preuve en sont ‘Barcelona‘ et ‘An echo‘, deux titres éclairés qui n’auraient pas fait tâche dans la discographie des Flying Donuts. Daria n’hésite pas à s’aventurer dans l’expérimentation. Là où Sexypop n’avait pas convaincu avec ses essais tronqués, le combo arrive par ses rythmiques changeantes et ses lignes de basses brutes à lorgner vers la singularité d’At The Drive-in sur quelques titres, voire à devenir quasiment irrésistible sur ‘The tightrope walker‘, aussi efficace que peut l’être 64 Dollar Question.

Si Daria a nettement amélioré sa copie, il a apparemment tenu à conserver certains de ses travers. En effet, le groupe persiste à placer çà et là quelques compositions sans imagination (‘The madness of business‘, ‘The mistake‘), avec une rythmique monotone et des mélodies surannées évoquant les écueils rencontrés sur ‘Silencer‘. De même, quelques tentatives pour ajouter de l’originalité tombent à plat (les larsens sur ‘Mantis‘).

Malgré tout, cet album sait se faire apprécier par son approche rock’n roll, comme le montre le final fiévreux de ‘The Waiter‘ façon Jetsex. Daria tient enfin avec ‘Open Fire‘ un effort studio qui rend justice à la qualité de ses prestations scéniques. Les angevins peuvent affirmer sereinement que leur virage vers un rock plus dur est pleinement digéré, malgré quelques lacunes latentes.