Il est toujours agréable de voir un groupe miser sur l’aspect fun de sa musique. C’est ce que les berlino-parisiens de Shaka Ponk ont clairement cherché à faire avec ‘Bad Porn Movie Trax‘. Les visuels colorés, les noms de titres loufoques, les incursions en espagnol et leur inévitable gorille mascotte Goz vont dans ce sens, et l’on se dit que cet album va nous permettre de nous échapper, au moins pour quelques instants, de la grisaille quotidienne.

Malheureusement, c’est plutôt la douche froide qui nous attends à l’écoute de ce second opus. Tout au long du disque, Shaka Ponk tente maladroitement de masquer ses mélodies sans imagination par des parties electro décevantes et des grosses guitares plates. On sent que le groupe veut emmener son rock du coté des dancefloor, mais ce n’est pas avec de la dance des années 90 et de la house mal dégrossie sponsorisée par Antoine Clamaran qu’il va nous y attirer. Certes, le groupe affiche un éclectisme bienvenu, alternant morceaux purement dansant (‘Hombre que soy‘ aux accents latino) et titres plus posés (l’arabisante ‘Make it mine‘), mais la sauce ne prend pas. Et franchement, la voix ultra trafiquée sur 2-3 titres, passe encore, mais sur tout un album, ça en devient rédhibitoire.

Par exemple, la sautillante ‘Alak’okan‘ aurait pu être sympa avec un rap dans l’esprit de Puppetmastaz, mais avec cette voix qui semble produit par l’affreux David Guetta, la chanson ne laisse que des regrets. On se plait à bouger ses fesses sur la frénétique et drôle ‘Te gusta me‘ qui n’est pas loin d’être une franche réussite, si l’on fait abstraction du pont dont même Jean-Michel Jarre n’aurait pas voulu. Il n’y a guère que sur le délire ‘French Touch puta madre‘ et sur la finalement entêtante ‘How we kill stars‘ qu’on se dit que ‘Bad Porn Movie Trax‘ aurait pu être un album plaisant. Pas de chance, Shaka Ponk s’est planté dans les grandes largeurs. On pourra éventuellement leur laisser une chance en live, mais à titre personnel ce ne sera pas sans un budget alcool conséquent.