Après deux albums très réussis et ayant beaucoup attiré l’attention par un style nouveau et particulier, Mudvayne en remet une couche avec ‘The End Of All Things To Come‘ (en réponse à leur ‘The Beginning Of All Things To End‘), et confirme bien son statut de groupe à part.

En effet, ce nouvel opus va encore plus loin que ses prédécesseurs dans l’aspect presque expérimental de leur musique. On retrouve bien entendu les éléments de base ayant fait tout le succès du groupe : la basse et la guitare alternent entre un son plutôt classique et un son a connotation presque funk/jazz, donnant à certains titres une touche rythmique très spéciale encore plus prononcée que sur les anciens albums du groupe (‘Mercy‘, ‘Severity‘). La performance technique des musiciens est poussée ici encore plus loin qu’auparavant avec d’impressionnants jeux de slap a la basse (‘(Per)version Of A Truth‘). N’oublions pas la voix qui se fait plus souvent douce et mélodique qu’à l’habitude (‘World So Cold‘), ne délaissant pas pour autant l’agressivité gutturale et primitive qui la caractérisait jusqu’à présent. Cependant, la chose qui dérange le plus à la première écoute est l’absence totale de repères structurels dont sont dotés la plupart des chansons dites ‘normales’, les titres étant ici hachés, comme disséqués à coups de scalpels méticuleux par une guitare plus précise, incisive et maîtrisée que jamais. La musique peut peut-être au départ sembler presque froide et ‘aseptisée’ mais plus qu’une performance technique irréprochable, le quatuor nous livre avec cet album un véritable concept, leur vision de la musique, une musique visant un certain perfectionnisme, mais pas pour autant plus facile d’accès. On est en effet cette fois-ci la plupart du temps très loin de l’aspect accrocheur et plus commercial d’un ‘Dig‘. Il faut avoir une vision très globale de cette oeuvre…, telle une symphonie en plusieurs mouvements, pour comprendre les liens subtils entre ceux-ci.

Le groupe propose ici à l’auditeur de s’investir dans l’écoute, de chercher à démêler toutes les ‘incohérences’, pour enfin réussir à passer outre le chaos apparent qui cache en fait une musique calculée de façon presque obsessionnelle. On pourrait également parler du nouveau look qu’adopte désormais Mudvayne : les 4 garçons de l’Illinois se sont transformés en humanoïdes extra-terrestres aux yeux globuleux tout droit sortis d’un épisode d’X-Files. Ils se sont rebaptisés par la même occasion en noms extra-terrestres (on se demande si Raël n’est pas passé par là aussi…), ce qui confirme bien que leur musique est vraiment d’un autre monde.

On peut donc dire que Mudvayne a beaucoup mûri et donc changé et cet album ne laisse pas indifférent : soit on est repoussé par son originalité, soit on y pressent cette petite touche qui fait qu’en y passant un peu plus de temps on peut en tirer beaucoup de choses. Depuis le temps qu’on l’attendait cette fameuse rencontre du troisième type…