Après une déferlante de groupes émocore/nu-metal (NDR: Big cacedédi à Will d’adré) depuis un certain moment déjà, et si peu sortant réellement du lot, on commençait à douter de la durée de vie de ce style peut-être un peu limité. Mais après un EP 4 titres, Finch, avec son premier album ‘What It Is To Burn‘ nous prouve que l’émo n’a pas encore été poussé dans ses derniers retranchements.

Suite à une première écoute on se pose certaines questions. Tout passe comme une lettre à la poste, la qualité est au rendez-vous, on est vite entraîné et les refrains sont vite retenus. Mais les titres se suivent et ne se ressemblent pas. Bon point, diront certains, mais par moments ceux-ci se ressemblent tellement peu qu’on se demande franchement où sont les influences du groupe. Finch donne dans tous les registres : des passages de guitare simple accompagnée de magnifiques polyphonies en côtoient d’autres plus lourds mélangeant punk rock et sensibilité mélodique de l’émo (‘Without You Here‘) ou encore certains de néo assez classiques et plus agressifs à rythmiques vraiment hardcore. Les compositions sont donc, et c’est à mon avis l’atout principal de celles-ci, imprévisibles. On est surpris à chaque instant par une alternance constante de styles. La voix du talentueux Nate au chant passe sans prévenir d’une douceur pop sucrée à une violence amère et douloureuse (‘Untitled‘). Les mid-tempos arrivent à l’improviste, enchaînant avec des rythmes batterie punks classiques mais efficaces (‘Three Simple Words‘). Il faut un petit instant pour s’habituer à l’union d’une guitare claire avec très peu d’effets et une double pédale frénétique bien qu’un peu effacée (‘Awake‘), tandis que par moments certains titres rappellent quelque peu le style d’un Nada Surf énervé à ses débuts. Mais il est en fait très difficile de comparer cette musique à celle de qui que ce soit d’autre, puisque chaque titre est un melting pot de genres tournant toujours autour de mélodies complètement originales. Finch exploite donc le concept du groupe multifonctions : chacun trouve son compte dans cette musique qui n’est pourtant pas dénuée de touche personnelle et d’originalité. Un reproche qu’on pourrait néanmoins faire à cet album est celui de tomber trop souvent, pour ce qui est des paroles, dans la facilité du cliché hyper sensible qui caractérise malheureusement la plupart du temps l’émo (‘Stay With Me‘, ‘Letters To You‘). Les thèmes abordés n’ont rien de mal en eux-mêmes mais on ne doute pas qu’ils auraient sûrement pu l’être avec un peu plus d’originalité lorsqu’on voit le talent d’écriture du chanteur sur certains titres. Beaucoup diront bien sur qu’il s’agit là encore d’un tout jeune groupe et qu’ils cherchent leur voie, qu’ils se dispersent dans différents styles sans réellement savoir où ils vont. C’est possible. Mais malgré cette multiplicité déroutante, au bout de quelques écoutes on ne peut qu’avouer que cet album forme bien un tout et que l’unité et la cohérence sont bien présents.

Ces 5 jeunes Californiens ont tout simplement trouvé le point commun entre émo, punk, hardcore et nu-metal et l’ont baptisé Finch. De toute manière, pourvu que le résultat soit ne serait-ce qu’un minimum innovant, quel est le problème ? On dit que c’est du mélange que naissent les meilleures choses et cet album en est l’exemple même.