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Voilà un cas qu’il est interessant ! Le nouvel album de Slaves on Dope : « Metafour ». Ce « petit » groupe ricain avait gagné une notoriété plus que respectable grâce à son précédent album à coups d’apparitions dans des BO de films et de grosses tournées aux côtés de grosses pointures du métal. Mais cet album s’inscrivait, malheureusement pour eux, dans la grosse déferlante néo de l’époque et certains ont beaucoup critiqué le fait que Slaves on Dope suive le courant, faisant du groupe un nième clone du style assoiffé de succès. C’est un avis, mais néanmoins il est indéniable que cet album possédait tout de même un petit quelque chose lui permettant de sortir du lot, quelque chose de moins lisse et formaté que les autres. Voilà ce qu’il est utile de savoir sur le passé du groupe pour mieux comprendre le jugement que l’on peut porter sur ce « Metafour ». En effet, la première chose à dire, et surement la plus importante à retenir est que ceux qui ont aimé l’album précédent n’aimeraont pas celui-là. C’est peut-être un peu radical et exagéré à dire mais rarement le changement de style entre 2 albums d’un même groupe a été aussi extreme. Pas d’inquiétude, on est pas passé du néo grinçant et méchant d’avant à du Britney Spears, mais le son est difficile à reconnaître. Premier chanegement : la voix. Jason au chant est passé du statut de bête enragée au grognement brutal et haut perché à celui de nounours tendre et calin, au maximum un peu grognon par moments. En gros il chante sur 95% des titres et gueule donc beaucoup beaucoup moins qu’avant. Attention ! ceci n’est en rien un reproche au niveau technique puisque vu les précédentes performances vocales de Jason, personne n’aurait pu soupçonner une aussi belle voix : tantôt douce, tantôt plus énergique et impulsive, toujours juste et après tout agréable. Ensuite, les thémes des chansons et donc par conséquent le ton et l’atmosphère générale de l’album est littéralement à l’opposé de ce qui avait été fait auparavant : disparu le cynisme désabusé des critiques d’une société qui ne veut que du mal, disparu l’ironie et le dramatique qui faisaient toute la force des anciennes lyrics. Ils ont en effet fait place à des chansons d’amour mélancoliques la plupart du temps plutôt insipides. Résultat, cest comme si on avait l’impression que le groupe traversait sa crise d’adolescence (en laissant de côté l’aspect rebel de la chose). Heureusement, quelques titres viennent relever le niveau comme « Columbian Ascot » et son columbian hitman très énervé ou « Caffeine Love Affair » qui puise dans des sentiments plus profonds et douleureux. Mais ces titres sont bien trop peu nombreux pour donner à l’album entier une consistance. Sur les titres plus calmes, les mélodies n’ont rien de très accrocheur, les rythmes restent peu entrainants et au final on a l’impression d’écouter une espèce de sous-marque de Staind ou encore de Nickelback. Un bon point, la guitare a gardé la touche perso du groupe en vie avec des leads toujours aussi hardcore et un fond bien saccadé et toujours aussi saturé. Etant toujours à la recherche de l’info utile, j’ai voulu comprendre ce changement brusque de la part du groupe à l’album relativement attendu comme celui-ci. Il est en effet expliqué sur le site officiel avec l’argument incompréhensible du 11 septembre, de l’attentat du WTC. Difficile à croire qu’un attentat calme des musiciens, on se serait même attendu au contraire mais peu importe, que la cause de cette métamorphose musicale soit un élan patriotique ou quoi que ce soit d’autre, il faut bien en avoir conscience avant de se procurer cet album sous peine d’être grandement déçu. Certains diront surement que leur musique a mûrit et qu’ils ont « trouvés leur voie » mais rien n’est moins sur car le tout laisse l’impression d’un ensemble tiède, impersonel et beaucoup trop classique pour être interessant.