General Bye Bye a un bon petit goût de garage pop. General Bye Bye sent le bleu de travail délicat et souillé, la tête de delco indé fraîchement changée, et l’huile de vidange qui monte un peu trop à la tête, aussi. Et dans l’atelier Girouette, il nous a construit onze petites bécanes, à performances variables.

Le quatuor parisien manipule avant tout les outils pop, parfois avec intelligence (‘Girouette‘), parfois avec une naïveté désarmante (la comptine ‘When It’s Gonna Rain ?‘), et un peu trop souvent avec une insistance ennuyeuse (‘Time Is On My Side‘). Le son de GBB est pourtant unique et plutôt bien foutu : deux voix de sexe opposé s’entrelacent et se complètent sur un fond de guitares légèrement radioheadiennes (‘The Neverending Trip‘) et de trips synthés à la Lug-Na (‘Les Hautes Solitudes‘). C’est dentelé, doux, un peu mollasson.

Et puis GBB sort les griffes parfois, et l’auditeur se réveille sur un bon riff à la Choice Dainties (‘Don’t Shoot The Rabbit‘) ou sur un délire très Cornflakes Heroes, mixé comme un Dionysos premier âge. Et en fait, ce qui séduit chez ce groupe, c’est la cohabitation de ces deux mondes, sérieux et enfantins : l’anglais pop bavard et le frenchie déjà plus revêche. Mais à force de schizophrénie trop rarement équilibrée (‘French Cancan‘, tiens tiens), l’expérience lasse. Et General Bye Bye passe sans laisser de marque profonde.

Dommage pour ce petit disque qui a de bonnes idées à revendre. Mais loin de moi l’idée de tirer sur le pianiste : après tout, General Bye Bye n’en est qu’à l’étape ‘fabrication’.