L’American Bad Ass est de retour !

Trois ans après l’énorme succès de ‘Devil Without A Cause‘ (11 millions d’exemplaires vendus rien qu’aux USA), le Kid nous propose un album sobrement intitulé ‘Cocky‘ (= couillu). Alors, il s’est vanté le gaillard ou pas ? 😉

La sauce Kid Rock, c’est tout simplement (comme il l’explique dans la chanson ‘Forever‘) un mélange de Métal, de Hip Hop et de Rock sudiste, le tout agrémenté de Country. Suffisait d’y penser… Cette fusion des genres est unique en son genre, et a propulsé ce groupe de potes sur le devant de la scène en 1999. Avec ce nouvel album, le Kid parvient miraculeusement à réitérer l’exploit du premier album, et, surprise, à le surpasser, en rappant sur des mélodies semblant sorties tout droit d’un album de Lynyrd Skynyrd !

Si le Kid n’a pas changé la recette de son songwriting (les textes sont toujours aussi provocateurs et malheureusement vite obsolètes), il a évité la redite et a décidé cette fois de délaisser plus ou moins les guitares saturées pour leur préférer la steel guitar et autres banjos. Les chansons sont dans l’ensemble beaucoup plus calmes, et seules 2 titres ont vraiment la patate (le single rap métal ‘Forever‘, et l’ultra heavy ‘I’m Wrong, But You Ain’t Right‘). Sur le reste de la galette, l’accent est largement plus mis sur les belles ballades typiquement américaines, et quasi insupportables pour des oreilles européennes.

What I Learned Out On The Road‘, ‘Lonely Road Of Faith‘, ‘You Never Met A Mother F**ker Quite Like Me‘ , ‘Midnight Train To Memphis‘ ou encore ‘Drunk In The Morning‘ agissent dans le même registre acoustique, avec des textes acérés bases sur la vie du charismatique frontman. Le Kid s’y fait très mélancolique, et parvient même à chanter en tenant facilement la note (on ignorait qu’il avait ce vrai talent de chanteur, typiquement country !). Mais bon, c’est pas encore Johnny Cash, et le Kid Rap n’oublie pas de lancer des flows endiablés à la fin de chacune ou presque de ces chansons.

Kid Rock n’a pas non plus oublié d’inviter des artistes prestigieux sur son second opus… mais pas forcément ceux qu’on attendait. Ainsi, Sheryl Crow vient répondre aux frasques de son ex, dans une titre dédié à l’éloignement des couples. Superbe, ce titre chanté en alternance a cartonné aux USA. Snoop Dogg vient également se taper l’incruste dan un duo mémorable faisant l’apologie de la débauche, et accablant Bill Clinton ! Pas forcément un grand morceau, mais assurément provocateur et hilarant !

Au final, cet album n’est pas si burné que ça, et il est même à l’opposé de ce qu’on pouvait en attendre au départ. Si vous pensiez que le Kid n’était qu’un white rapper appliquant une recette simpliste à la Limp Bizkit ou à la Crazy Town, vous vous trompez… Ce mec a un vrai talent de compositeur, et c’est un artiste, un vrai qui mérite son succès. Très étonnant en effet pour un néophyte de découvrir un album si posé, et finalement plein de qualités. Un vrai mix entre du AC/DC, du néo-métal bien lourd, du Lynyrd Skynyrd, et du Run DMC. Le poseur de Detroit est certes un frimeur, un américain patriote et fier de l’être, et en plus, il se tape Pamela Anderson ! Mais c’est surtout l’une des dernières vraies rock stars dans un milieu de plus en plus aseptisé (Axl, reviens !). Un produit typiquement made in USA en somme… et c’est peut-être là la barrière la plus difficile à franchir pour apprécier sa musique.