Découvert totalement par hasard le mois dernier (chronique réalisée le 05/01/04) alors qu’ils étaient les invités surprise du tremplin régional du Printemps de Bourges, Biok m’a mis une sacrée claque en live, et j’ai donc souhaité les découvrir sur support numérique. Je me suis donc procuré leur seule galette personnelle à ce jour, 2 split-CDs étant également disponibles.

Heureusement que j’ai découvert le groupe en live avant de le découvrir sur CD, car leur packaging très moyen a de quoi rebuter ceux pour qui le critère esthétique est primordial dans l’achat ou l’écoute d’un CD. Et encore, remerciez le Designer de Visual Music qui par sa mise en page, vous épargne la vue de la jaquette arrière…

Bon, passons à ce qui nous intéresse vraiment : le contenu de l’éponyme. Première chose qui nous choque, c’est les chiffres qu’affiche notre lecteur de CD préféré : 13 titres pour une durée de 55 minutes ! Rappelons qu’il ne s’agit pas d’un album, mais d’une demo auto produite ! (Euh non en fait je rappelle rien du tout là vu que j’en ai pas parlé avant…). Sortir un CD de 55 minutes peut paraître risqué, mais Biok ne se pose pas ce genre de questions. Et même si les 3 derniers titres semblent être tirés d’un des deux split-CDs auxquels le groupe a participé, ils sont tout de même présents (sur les versions promos tout au moins).

Une fois l’intro passée, ‘Itzuak‘ débute. Biok officie dans un néo-métal assez lourd. Un mélange de KoRn et Machine Head ; guitares lourdes, ‘ze’ note aiguë présente sur pas mal de fin de riffs, jeu de batterie pas mal axé sur les toms et la grosse caisse… L’auto prod’ est vraiment excellente, et enregistrer à ses frais 13 titres de cette qualité mérite un coup de chapeau. Sur les passages hurlés, la voix de Ibon fait étrangement penser à celle de Martin Cock de American Head Charge. Et la ressemblance est plutôt frappante !

Hipnotizaturik‘, après une intro 100% percussion, reste dans la même lourdeur, au même titre que ‘Bihotzmina‘. Cela ne signifie pas pour autant que Biok tourne en rond ! Les titres se diffèrent clairement l’un de l’autre, et Biok montre qu’ils savent explorer au plus profond ce style musical. Certains titres (‘Erregua‘, ‘Haitzuloan Sartuta‘, ‘Berdintasuna‘…) sont introduits par des samples ambiances plus ou moins longs, 2 d’entre eux étant carrément des pistes à part entière. Même si on reconnaît des samples ’empruntés’ au logiciel Acid Maker, on ne peut que saluer l’initiative de vouloir diversifier ses intros.

La ‘Punkie’ ‘Berdintasuna‘ viendra clore les 10 titres ‘officiels’ de la galette sur un rythme assez intense et aux choeurs sur les refrains typiquement hispaniques. On a le droit en bonus à la fin de cette piste un titre assez sympathique, mais au son désastreux qui laisse penser que c’est une vieille démo offerte en quelque sorte.

Passons aux 3 autres titres. ‘Dekoratuari Erantsiak‘ a un couplet qui ressemble comme 2 gouttes d’eau à celui de ‘Never Get Caught‘ de American Head Charge. Ressemblance d’autant plus frappante quand on sait que cette galette et l’album de American Head Charge sont sortis à peu près au même moment… Le chant sur le refrain est laissé au guitariste. Et c’est un gros ‘DOMMAGE’ que l’on se dit en écoutant ça. Autant Itor assure à la gratte, autant au chant, il ne passerait pas le premier tour de Popstars. Même constat sur ‘Segada‘ et on finit par se demander si ce n’est pas à cause de ça que ces pistes ne sont pas inscrites sur la jaquette…

Ce petit hic mis à part, on se dit qu’on a entre les mains un futur grand groupe. Biok ne révolutionne pas le genre, mais s’exécute parfaitement dans son style. Nul doute qu’ils vont très vite rejoindre Hamlet au rang de tête de front du métal espagnol.