Au départ, mon enthousiasme pour Holy Fuck était total : l’insolence du nom et la maîtrise dont le quatuor de Toronto fait preuve dans son ‘Latin‘ m’ont bluffé. Les canadiens jouent dans la cour des grands, en servant un savoureux mélange d’electronica, de krautrock et de groove indé (‘Red Lights‘, semblable à un Chk Chk Chk inspiré). Quand il n’est pas transcendant (‘SHT MTN‘), ‘Latin‘ s’avère être dansant ou immersif (‘Lucky‘, ‘MD‘), et remplit des promesses tombées de nulle part (‘Latin America‘). Holy Fuck est une affaire de surprise.

Seulement voilà, une fois le charriot de quatre ou cinq écoutes positives (ce qui est déjà pas mal), les canadiens finissent par se gâcher la surprise. En tirant un peu trop sur la corde cinématographique (‘Stay Lit‘ et son escalade qui rappelle un mauvais 1492 sauce electro), ou en appuyant le clin d’oeil à Neu! (‘Silva & Grimes‘), Holy Fuck lasse. Et même les beats Casio ou Atari, qui font partie des bonnes idées (‘Stilettos‘), ne sauvent pas l’album d’une écoute soupçonneuse et ennuyée.

Les canadiens ne font pas naufrage avec ‘Latin‘, loin de là (‘P.I.G.S.‘), mais tournent en rond et se limitent à composer une B.O. pour jeu vidéo sympathique et un peu rétro. Tout dépend de l’envie d’attraper la manette. Holy shit !