The more evolving changes, the more we stay the same‘. Une phrase datant de 2001 (sur la chanson ‘Bulldozer‘ pour être précis), et qui pourtant définit toujours Machine Head à la perfection. Après 2 albums très largement critiqués (alors qu’ils étaient largement au-dessus de toutes les production néo…), le ‘général Flynn‘ et ses troupes ont décidé de retrouver leurs racines thrash, en ne reniant pas pour autant leurs années nu-métal… Vous allez vite comprendre !

Through The Ashes Of Empires‘ s’ouvre par un morceau titanesque, dans la parfaite lignée de ‘Davidian‘. Robb y crie toute sa rage (‘Hear Me Now !!!‘), au rythme de la double pédale fracassante de Dave McClain. Excellente surprise, on retrouve même le riff d’outro de ‘Davidian‘ à la fin, suivi d’un air thrash old school absolument jouissif. Une entrée en la matière édifiante, comme les fans de la première heure en rêvaient depuis 1997 !

La suite de l’album ne s’oriente pas pour autant vers une sorte de ‘Burn My Eyes 2′. Machine Head délivre certes des riffs heavy à souhait, mais le groupe n’oublie pas d’incorporer tous les éléments mélodiques de ‘The Burning Red‘ et ‘Supercharger‘. ‘All Falls Down‘ aurait ainsi eu sa place sur l’album de 2001, alors que l’intro d »Elegy‘ rappelle la vraie-fause démo ‘New Resistance‘.

Bonne nouvelle pour les amateurs de métal à l’ancienne, les morceaux ne sont plus formatés pour la radio, comme c’était le cas depuis 1999. Ils tirent désormais sur les 5-6 minutes, mais le gros reproche que l’on peut faire au groupe, c’est qu’il faut souvent attendre 3-4 minutes avant de prendre son pied. On retiendra ainsi les riffs phénoménaux de ‘Vim‘ ou ‘Wipe The Tears‘, après plusieurs minutes limite chiantes… Robb Flynn n’oublie pas non plus de rendre un bel hommage à Iron Maiden sur le pont de ‘Days Turn Blue To Gray‘. Mais ‘Through The Ashes Of Empires‘ se distingue surtout par la qualité de ses paroles : en effet, depuis ‘The Burning Red‘, Robb n’hésite plus à écrire des textes personnels, notamment sur son enfance difficile. ‘Left Unfinished‘ se situe ainsi dans la lignée de ‘Five‘ et ‘Trephination‘ : Robb y crie toute sa haine envers ses parents naturels, qui l’ont abandonné à 5 ans (‘Fuck you, you cockscuker, Fuck you, you whore…‘ : ça a le mérite d’être clair, non ?), et il dévoile même son véritable nom de naissance, Lawrence Matthew Cardine. Une démarche courageuse, qui rappelle celle de Jonathan Davis (KoRn).

En ce qui concerne la performance intrinsèque du groupe, jamais la Machine californienne n’a aussi bien tourné ! Robb allie parfaitement chants hurlés et mélodies : il suffit de comparer ‘Imperium‘ et ‘All Falls Down‘, pour situer toute l’étendue du talent de Mr Flynn. Adam Duce repousse enfin quelques gueulantes, comme à la grande époque… Ses choeurs sur ‘In The Presence Of My Enemies‘, ‘All Falls Down‘ ou encore ‘Descend The Shades Of Night‘ sont intenses au possible. Dave McClain est quant à lui au meilleur de sa forme : jamais il n’a autant varié son jeu de batterie, passant allègrement de la double infernale (‘Vim‘, ‘Imperium‘) aux tempos les plus posés (‘Descend The Shades Of Night‘). Ce mec est assurément un des tous meilleurs batteurs de la scène métal, et il illumine ‘Through The Ashes Of Empires‘ de toute sa classe. Comment enfin ne pas parler du petit nouveau de la bande, Phil Demmel ? Le vieux pote de Robb Flynn (ils ont joué ensemble pendant 4 ans chez Vio-Lence), fait aisément oublier Ahrue Luster (parti rejoindre Ill Niño) : son style plus old school permet enfin à Machine Head de retrouver des soli dignes de ce nom. On reste ainsi pantois d’admiration en entendant ses prestations sur ‘Descend The Shades Of Night‘, ‘Vim‘ ou ‘In The Presence Of My Enemies‘ (le solo préféré de Robb, tous groupes confondus !). Le duo le plus craint de la Bay Area est de retour, et ça fait mal, croyez-moi !

Le son de ce cinquième opus est quant à lui phénoménal, dans la parfaite lignée des 2 premiers albums : Robb a enfin ressorti son ampli Peavey 5150, avec ce son si métallique et assourdissant dans les aigus… Le son de Dave McClain est toujours aussi brut (quand il accélère, c’est de la pure folie). Andy Sneap et Robb Flynn se sont chargés de la production, Colin Richardson s’occupant quant à lui du mixage, comme à la grande époque ! Je ne vous raconte pas la claque sonore que constitue cet album… Quant à l’artwork, il est superbe, avec son ange déchu en lévitation dans un cimetière bleuté.

Au final, on peut donc apprécier la démarche du groupe, d’avoir voulu retrouver ses racines tout en incorporant des éléments plus récents. Mais les morceaux ne sont pas tous transcendants, loin de là… Si cet album commence et finit très très fort, les compositions situées entre ces deux extrêmes n’ont pas la classe de celles de 1994 ou 1997 (‘Bite The Bullet‘ et ‘Elegy‘ étant même à la limite de l’écoutable). Contrairement aux quatre premiers albums, ‘Through The Ashes Of Empires‘ ne donne pas envie d’être réécouté à l’infini, essentiellement par manque de grosses tueries. La hargne est là, certes, mais l’originalité fait cruellement défaut à ce cinquième opus. Machine Head semble ainsi, pour la première fois de son histoire, tourner en rond… Bref, le résultat n’est pas à la hauteur de nos attentes.