Dans le monde de la pop (et de la pop-folk en particulier), on trouve tout, rien et n’importe quoi. N’importe quel gus choppe une guitare, enchaine Do, Sol et La mineur et on trouve la révélation de l’année. Alors difficile de dire ce qui est bon, mauvais, la perle rare ou l’album de trop. Je ne me risquerai donc pas à juger et dire que Chief c’est la révélation de l’année ou une merde parmi d’autres. Ce que je sais c’est que cet album m’a fait plaisir. Et je vais lui mettre 3/5. C’est fait, l’aspect chiant de la chronique est passé.

Passons maintenant aux choses intéressantes, parlons concrètement de Chief, parlons musique. Chief c’est quatre bonhommes californiens, signés chez Domino (aka la major des labels indés comme le dit si bien le regretté revenant TGC). Ils n’ont pas vraiment le physique qui va avec le genre, entre un chanteur asiatique sorti d’un casting de méchants de James Bond et un geek aux cheveux longs. Mais à vrai dire, on s’en fout. Guitare X 2 – basse bien ronde – batterie un poil en retrait, tout est en place pour un son d’une douceur extrême, planant et apaisant. Tout est dans la retenue : jamais une voix agressive, jamais une saturation trop perçante, jamais un coup de caisse claire plus violent que l’autre.

Et avec cette ambiance, on se retrouve en plein Los Angeles version Hank Moody : ensoleillé mais pas écrasant, hype juste ce qu’il faut, envoutant et magique. Loin du clinquant hollywoodien, une atmosphère simple, sans lourdeurs et titres rentre-dedans. Il y a bien sûr quelques fautes, des titres qui en font trop côté niaiserie (‘Irish Song‘), ou avec des paroles tout ce qu’il y a de plus basiques (Aaah, le « I’m so tired again / Can’t get out of bed again » de ‘This Land‘ en impose niveau paroles faciles) : mais ces écarts passent assez inaperçus et sont vite oubliés. L’ensemble reste définitivement très planant, tout en légèreté.

Écouter ‘Modern Rituals‘ à cette époque de l’année, c’est le même effet que de rester au lit à écouter la pluie qui tombe (Aaah, ça, ça en impose niveau métaphore facile). Une musique de weekend, à rester au chaud à rien faire. Se laisser aller dans ses pensées, glander et profiter, le sourire aux lèvres.

Modern Rituals‘ n’est pas à la hauteur du premier titre sorti (‘Night And Day‘), qui laissait espérer quelque chose de très grand. Mais à la place, et c’est déjà pas mal, on peut profiter d’un bel album de pop tranquille, parfait pour la saison.