Sugartown Cabaret nous avait gratifiés il y a quelques années d’un premier album plaisant mais bourré de petites erreurs de jeunesse. Le groupe a depuis muri. Le fait d’avoir côtoyé des formations talentueuses comme Kidcrash ou Aussitôt Mort a donné de l’épaisseur à sa musique, et le split avec les excellents Adorno a montré qu’il avait franchi un cap.

On retrouve sur ce Beyond Foams les mêmes atouts qui nous avait frappé précédemment, à savoir une voix nettement plus maîtrisée avec un accent anglais enfin décent et un durcissement des sonorités, qui si elles préfèrent les mélodies claires, n’hésitent pas à lorgner du coté obscur comme feu Isis.

The tides et son jumeau moins effronté However hard font montre d’une virtuosité spasmophile qui caractérise si bien The Mars Volta, incluant démarrage fulgurant, accalmies, recherches sonores et final apocalyptique. A tower propose une belle ascension aussi infinie que vaine, telle l’espoir d’une nouvelle Babel rejoignant le domaine celeste de Dieu. Feel thrilled with the guest, s’il est un peu long à se mettre en marche, se révèle puissant et profond, maniant légèreté post rock et riffs très appuyés. Il arrive à donner tout son sens aux paroles martelées « It’s fantastic ! »

Ce qui est moins fantastique néanmoins, c’est la construction de certains titres. Le groupe semble bafouiller en juxtaposant les parties à priori sans rapport (Hazard lights) ou au contraire en s’attardant sur des thèmes ennuyeux (Nothing is mine).

Malgré l’évidente qualité de sa musique et ses arguments convaincants, Sugartown Cabaret pèche dans la finition et loupe de peu le label Excellence © – ce qui n’empêche pas d’apprécier l’écoute de ce Beyond Foams, fort heureusement.