Certains personnages de cinéma ont marqué profondément le piètre cinéphile qui écrit ces lignes. Par exemple, Butch dans Pulp Fiction ou Mickey dans Snatch. Ces boxeurs impliqués malgré eux dans des combats truqués tirent leur épingle du jeu en envoyant chier tout le monde avec d’autant plus de classe qu’ils sont interprétés par des acteurs charismatiques.

Lorsqu’au hasard de nos pérégrinations musicales on tombe sur un groupe nommé The Boxer Rebellion, on s’imagine retrouver la fougue et la classe des personnages sus mentionnés. Sauf qu’en fait, ce n’est pas vraiment le cas.

Les anglais de The Boxer Rebellion font un rock calme et romantique, plus indiqués pour accompagner une phase de séduction que pour évoquer un pugilat hargneux. Le groupe se veut résolument grand public et se propose de faire le lien entre les 3 dernières décennies musicales. Des années 80, il emprunte la voix effacée d’une Sinead O’Connor (No harm) et l’universalité d’un U2 (Memo). Les années 90 lui ont apporté le lyrisme d’un Jeff Buckley (Caught by the light), puis les années 2000 ont vu le groupe se laisser charmer par les premiers Coldplay avant de succomber aux percussions espiègles d’un Vampire Weekend et aux guitares de Biffy Clyro (Step out of the car).

The Boxer Rebellion réussit à faire un amalgame agréable et cohérent avec ce patchwork d’influence de sources, là où le premier Richard Ashcroft venu se serait vautré avec fracas – ce n’est pas un mince exploit. Néanmoins, malgré de jolis moments, The cold still manque de relief pour réellement marquer. On est un large cran en dessous d’un Local Natives ou un Elbow en terme d’originalité. La prochaine fois, peut-être.