J’aurais bien mis près de 6 mois à accoucher péniblement de cette chronique du dernier opus de Crossing The Rubicon. Non pas que l’album relève d’un piètre niveau sonore – le groupe forme aujourd’hui en France ce qu’il se fait de mieux en terme de pugilat sonore distillé avec une grâce rythmique peu commune, mais bien car ma situation de chroniqueur tire-au-flanc, tyrannique et quelque peu débordé par d’autres affaires internationales me l’autorisait.

Après avoir chassé les derniers grammes de coke finement déposés sur la jaquette de nos amis parisiens et sorti la main du caleçon pour attraper mon gros stylo quatre-couleurs, il était grand temps de rapprocher les enceintes pour faire le point sur un deuxième album qui n’a cessé d’échauffer mon petit bout rouge.

En suivant la lignée d’un premier opus défendu avec rigueur et pugnacité, Crossing The Rubicon était assuré de passer tranquillement la barre du deuxième album aux vertus pourtant laxatives pour la majorité des groupes.
Cohérente et solide sur ses appuis, la formation vise bien et surtout juste en évitant d’étaler sa science un peu partout. Joyeux Smecta reconnu d’utilité publique au cours de 43 minutes d’une valse tempétueuse, la formation passe aujourd’hui le cap d’une maturité musicale peu commune tout en restant discrète et acharnée.

Avec de l’entrain et un agréable sens de la bougeotte, le groupe arrive à marier mélodies et passages grassouillets le plus souvent assimilés au sludge. A l’écoute du titre Bang Ubot on pense immédiatement à Mastodon voir meme à Black Tusk la touche de cassoulet en plus. Ça suinte ça sent parfois le cul sur l’excellent Ayatollah Ayatollah et l’intégralité de l’opus s’avère toujours efficace et jamais brouillon sur la majorité des compositions.

Parfaite bande-son pour vos virés de hipster dans l’Ouest californien Crossing Rubicon confirme tout le bien que l’on pensait d’eux. Une Famille en Or plus que soudée et travaillant assidument à la recherche de sonorités et d’un univers musical toujours charnu. En soi des gros travailleurs qui n’hésitent pas à en arriver aux mains avec les chroniqueurs peu vigilants sur les rendus de papier.