En 2008, votre chroniqueur préféré vantait les mérites de deux groupes qui étaient l’avenir : Cajun Dance Party ([url=https://www.visual-music.org/chronique-915.htm]délire critique[url] 1) et Sunny Day Sets Fire ([url=https://www.visual-music.org/chronique-974.htm]délire critique[url] 2). Comme disent les geeks, 4 ans après on pourrait parler d’epic fail car ces deux groupes n’existent plus. On ne peut pas gagner à tous les coups. Encore que… Cajun Dance Party s’est réincarné en Yuck qui a sorti un très recommandable album de pop lo-fi fuzz l’an dernier que tous les nostalgiques des 90s devraient écouter. Et Sunny Day Sets Fire ? Le groupe mené par l’italien Mauro Remiddi a sorti le réjouissant Summer Palace (disque en forme de réponse à la question « et si Muse avait continué dans la veine de Showbiz ? ») et a implosé, Remiddi opère maintenant en solo sous le nom de Porcelain Raft et fait un mini buzz assez justifié. Exit le pop-rock lyrique, Porcelain Raft fait de la pop electro. A presque 40 piges, Remiddi connait ses classiques et fait même le boulot des chroniqueurs en trouvant le terme parfait pour définir sa musique : de la pop somnambule. Et on pourrait s’arrêter là tant c’est exactement de quoi il s’agit. Strange Weekend est un disque hypnotisant, onirique, réconfortant lorsqu’on passe une nuit blanche à se demander pourquoi la vie est si dure. Sur les meilleures chansons Porcelain Raft juxtapose des beats electro légers à d’aériennes et limpides guitares acoustiques. La voix qui rappelle toujours autant Mark Greaney de JJ72 créé une identité sonore très forte, fait des choses tellement mélodiques que Remiddi peut se permettre de moduler le schéma couplets-refrains comme bon lui semble et séduit l’auditeur en un rien de temps. Malheureusement la force du projet est aussi son talon d’Achille : visiblement conscient du pouvoir évocateur, stimulateur d’imaginaire de sa musique, Remiddi à l’instar de Reznor place un peu trop souvent ses billes sur l’ambiance et moins sur la composition, d’où cette impression que Strange Weekend endort et réveille en permanence. L’album commence par les superbes Drifting in & out et Shapeless & gone avant de sombrer doucement vers une petite banalité d’où on ne sortira qu’à la 6ème piste, l’incroyable et lumineuse Unless you speak from your heart (meilleure chanson de 2012… jusqu’ici, soit le 31 janvier 2012) que Remiddi met malignement en avant en la faisant précéder par la très sombre Backwords. La fin du disque est plus consistante notamment grâce au mélange beats electro/guitare acoustique évoqué plus haut et une autre très grande chanson qui file des frissons : Picture.

Porcelain Raft confirme sur cet album cotonneux, maniéré, aérien et éthéré tout le bien qu’on pensait de Remiddi dont les incroyables chansons, qu’elles soient de ce projet ou d’un autre, n’ont pas finies de nous hanter. Welcome back.