C’est ce qu’on appelle une gestation mouvementée : entre The Black And White album et Lex Hives, il se sera passé cinq années durant lesquelles The Hives hésite, se déchire, écrit et finalement enregistre au bord de l’implosion. Un tel délai n’est en général guère rassurant quant à la qualité du résultat.

Qu’on se rassure : Lex Hives n’a rien d’horrible ni même d’infamant. Les scandinaves se sont évertués à rendre une copie sérieuse : le son garage caractéristique du groupe est toujours présent la cadence des riffs peut faire swinguer un premier communiant, Pelle Almqvist est toujours aussi extravagant quand The Hives emprunte un chemin inédit pour eux, c’est réalisé très proprement. Le groupe peut enfin se targuer d’avoir réalisé un album cohérent et varié. Il n’y a pas de grosses fautes de goût (à part Wait A Minute et Go Right Ahead). I Want More n’aurait pas dépareillé sur un album de The White Stripes, on imagine sans mal le Blur des débuts interpréter Take Back The Toys, le blues lunaire Without The Money sonne également comme un hommage poli.

Mais on touche ici du doigt le problème de Lex Hives : Tout ceci est bien trop scolaire. Les morceaux estampillés The Hives pur jus (1000 Answers, These Spectacles Reveals The Nostalgics, Patrolling Days) sont tous agréables mais on les aurait aimés plus incisifs. Jusqu’ici, chaque sortie de The Hives contenait au moins un tube avec un riff imparable : A.K.A I.D.I.D.I.O.T, Die, Allright !, Two Timing Touch and Broken Bones ou encore Tick Tick… Boom. Ici, le meilleur gimmick c’est Come On, et on est un cran en dessous des morceaux susmentionnés.

Lex Hives est un bon album équilibré, fidèle au son des suédois …Ahem…, s’autorisant de petites excursions bien cadrées. Il fait un vrai pont entre le rockabilly des années 50 et les influences plus modernes du groupe. Il ne manque qu’un peu d’agressivité et d’ambition dans les mélodies pour sortir du lot. A titre de comparaison, The Black And White Album est bien plus inégal et contient de vraies merdes, mais The Hives s’y lâchait bien plus.

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…Ahem… Salut, c’est Boris_neo là. Je ne fais pas ça d’habitude, mais là je suis obligé d’intervenir ! Comment on peut chier sur Wait A Minute Now ? Sa rythmique chaloupée, ses ptits choeurs sympathiques, son break batterie/voix coupé par un joli ‘Ba-ba-ba-ba-baby’ (oui, j’ai compté). Les choeurs, c’est un peu la marque de fabrique sur l’album d’ailleurs, avec les cuivres. Et puis le collègue, il enchaine en disant que le meilleur morceau de Lex Hives, c’est l’intro…, Hilikkus a des restes de kebab moisi dans les oreilles, c’est pas possible autrement.
Mais sinon je suis d’accord avec ta conclusion : en dehors du jeu avec les choeurs ou des cuivres sur certains titres, pas grand-chose de nouveau. Tout s’enchaine, c’est plaisant, on y revient sans soucis et c’est une bonne chose de voir qu’ils ne se sont pas égarés sur la voie de The Black And White Album / Timbaland, mais c’est pas fou fou fou non plus. Honnête on va dire.