Même si je tente tant bien que mal de faire la promotion du punk rock dans ces pages, force est de constater que les musiciens de cette scène sont pour la plupart d’aimables crétins mono-neuronaux coincés au stade anal. Il est donc agréable de croiser un groupe pour lequel une discussion sur le keynésianisme ou le Black Panther Party ne se résume pas à un concours de vomi de 8°6 tièdes.

Propagandhi, c’est le bon élève du punk. On ne résumera pas ici la longue carrière des canadiens (Wikipedia est ton ami) mais question intégrité, culture et militantisme ça se pose là. Le premier contact avec Failed States, dernière livraison en date, se fait via Note to self. Brève présentation, annonces des règles, premiers coups échangés, round d’observation, éclatage de nez, arrachage d’oreille, bagarre générale. Le tout sans que Propagandhi donne l’impression de forcer son talent ; c’est ce qu’on appelle la maîtrise, petit.

Le reste de l’album se divise en deux parties : les titres hardcore, courts et nerveux d’un côté ; les titres d’inspiration thrash metal de l’autre. Si ces composantes sont habituelles chez Propagandhi depuis Potemkine City Limits, on est surpris par l’intensité des morceaux, à faire pâlir d’envie papy Lars Ulrich. Certains titres rappellent même Converge (Rattan Cane), c’est dire. Le jeu des canadiens reste d’un eprécision rarement égalée. Un réel atout qui leur permet l’exploit d’évoquer The Mars Volta et Slayer sur le même titre (Cognitive suicide) sans que cela paraisse incongru, ou d’accoucher de morceaux tout en retenue comme Unscripted moment et Lotus bait.

Failed States est un très bon album d’un très bon groupe. Il n’évite cependant pas les problèmes récurrents de Propagandhi depuis une dizaine d’année : A ses débuts, le groupe écrivait des titres simplistes mais bien plus marquants que ce qu’ils produisent maintenant. Parce que le thrash metal c’est bien gentil hein, mais c’est un peu de merde quand même. Et personne n’a envie que Propagandhi devienne un nouveau Metallica, aussi punk soit-il.