Vous vous considérez comme le parfait petit emokid, portez vos t-shirts taille S et une ceinture à clous de rigueur; mais où le bât blesse, c’est le fait que vous zappiez totalement la scène française, considérant les groupes américains des maisons Vagrant, Victory, Drive-Thru comme seuls dignes représentants de la scène emo. C’est donc que vous ne connaissez pas les Dead Pop Club, car avec leur deuxième album sous le bras, ils peuvent se targuer d’être aussi doués que leurs homologues ricains.

Il est d’ailleurs difficile en fait pour tout novice du Dead Pop Club de deviner que ‘Autopilot Off‘ est l’oeuvre d’un groupe français si l’on ne porte pas un oeil attentif au livret -à l’artwork très soigné-: l’accent anglais d’Olivier P. est parfait, les textes très bien écrits et traitant de sujets aussi divers que farfelus : les relations amoureuses (c’est bien de l’emo, pas de doute), les O.V.N.I. (thème récurrent de l’album), les U.S.A., les superhéros de comics, Joey Ramone, le Heavy-Metal, Jacky Chan et bien d’autres, et le son du groupe lorgnant vers tout un tas de groupes références en la matière mais exerçant surtout de l’autre côté de l’Atlantique. ‘Ben alors…‘ me direz-vous. Soit, mais elles représentent en quelque sorte les fondations du Dead Pop Club, et si ces références sont de très bon goût, qui s’en plaindrait ? (Olivier P. est journaliste à Rock Sound, c’est dire s’il en connaît un rayon).

Douze morceaux ou douze mélodies imparables de l’ordre de celles qui vous font hocher de la tête le matin sous la douche et après avoir trotté dans votre tête toute la journée, vous font encore taper du pied le soir en vous brossant les dents. Douze morceaux ou douze compositions aussi abouties qu’elles sont variées : penchant tantôt vers une pop fraîche aux guitares emo (‘At The Movies‘ et l’hymne de tout rocker qui se respecte ‘1992‘), tantôt vers un rock oscillant entre emo et stoner (le credo du groupe : ‘It’s Not Just Rock N’Roll‘, ‘Star‘). Mais au delà de ces étiquettes réductrices, c’est clairement du rock sincère et authentique que nous livre le groupe, de l’emo-rock qui vient du coeur (pléonasme…).

Avec une voix qui rappelle par moments celle du leader de Hot Water Music et une musique qui se révèle plus compliquée qu’elle n’en a l’air, sans pour autant être surchargée par des effets superflus (seuls quelques petits intermèdes rigolos y figurent comme le bruit de tondeuse à gazon sur l’intro de ‘End Of Day‘ ou d’autres expliqués dans le livret), le tout n’évoque que du très bon : Weezer, Samian, The Get Up Kids (l’excellent ‘Obsession‘), Hot Rod Circuit

Bon, il faut que j’arrête : cet album est tellement bien que je pourrais en parler pendant des heures. On les tient, nos Foo Fighters français. Indispensable pour tout les emoboys and girls. Pardon, indispensable pour tout le monde, en fait.