Mais qui sont ces serpents qui sifflent sur nos gueules ? Ayez confiance, croyez en eux, ce sont des professionnels.

Les origines de Serpentine Path remontent à 2002, lors de la première tournée d’Unearthly Trance avec Electric Wizard durant laquelle les membres du groupe rencontrent Tim Bagshaw. Trois tournées européennes avec Ramesses plus tard, Unearthly Trance et Bagshaw sont copains comme cambions. Aussi quand ils apprirent que Tim avait déménagé pas loin de chez eux dans le New Jersey, ils l’invitèrent pour une série de jams enflammés qui, de fil en aziel, donnèrent naissance à Serpentine Path. Ils seront par la suite rejoints par [s]le capitaine[/s] Stephen Flam de Winter, gagnant ainsi officiellement auprès de la presse le badge ‘supergroup’.

Mais Serpentine Path n’est pas un supergroup au sens où on l’entend aujourd’hui en ce qu’il ne s’agit pas d’un sabbath d’un soir suivi d’une tournée promotionnelle après laquelle chacun retourne à son coven. Unearthy Trance et Ramesses sont bien séparés et le chemin serpentin est désormais le seul projet occupant leurs anciens membres.
Comme dit plus haut, Serpentine Path c’est Unearthly Trance au grand complet : Ryan Lipynsky (chant), Jay Newman (basse) et Darren Verni (batterie), rejoints par l’ancien Electric Wizard Tim Bagshaw qui avait fait sécession avec Mark Greening en 2003 pour former Ramesses, et Stephen Flam de Winter.

Considérant le pedigree du line up on pourrait déjà essayer d’imaginer le son du groupe, mais on se tromperait. Unearthy Trance jouait de doom death à tendance atmosphérique tandis que Tim Bagshaw est reconnu comme un spécialiste du pain putréfié dans la gueule. Serpentine Path n’est ni planant, ni particulièrement violent. La seule comparaison peut se faire avec Winter qui déjà jouait un doom aux accents traditionnels surmonté d’un chant death.

Serpentine Path, c’est un groupe de professionnels, des mecs spécialisés dans le doom/death depuis des années, qui connaissent leurs classiques (voir qui les ont écrits pour certains) et mettent en commun leur expertise.

Ces ‘Emanations‘ putrides suivent le chemin pris par le premier album éponyme. C’est lourd, c’est lent, mais pas pour autant dépourvu de groove ou même… de mélodies. Oui, carrément. ‘House of Worship‘ en est le parfait exemple, tel un zombie en surpoids le morceau se traîne rageusement pour nous bouffer le cerveau, et fini par y arriver. On imagine aussi le succès de ‘Disfigured Colossus‘ en live, avec sa rythmique briseuse de nuques et son refrain racleur de gorges.

Serpentine Path ne cherche pas à réinventer le genre. Le chaos rampant se glisse dans nos cerveaux, caressant un à un les points connus et appréciés des amateurs de son pesant, et c’est suffisant. Que vous soyez jeune disciple ou initié, vous apprécierez surement ces ‘Emanations‘ nauséabondes servies par des experts en la matière.