Du cartoon-core, ça ne vous dit pas grand chose. Et pourtant, c’est ainsi que Flying Pooh se qualifie. Sûrement pour le côté un peu gentillement déjanté et ses sons d’ambiances… cartoon. Et ça fait 7 ans que ça dure.

Issus de la banlieue parisienne dans le Val d’Oise. Aux commandes, 5 djeunz qui n’en veulent mais surtout pas se perdre dans la masse qu’est le nu-metal tendance. Dans ‘Viva San Antonio‘, pas de riffs aseptisés et de face à la ‘bouh, je te fais peur avec ma coupe gélifiée et mon piercing sur le gland’. L’intro de l’album le montre aisément, avec un son forain mais qui dans mon cas à quand même le don de me stresser (les clowns, les mimes et moi, c’est pas une grande histoire d’amour.). Mais heureusement pour moi, l’album n’est pas une simple déclinaison d’un type et on aura droit à une pléiade de genres différents et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces styles sont largement maitrisés. En bref, les ‘pooh’ passent du néo métal au funk en passant par le métal plus lent mais plus dark sans oublier le jazz et j’en passe et tout cela, entrecoupé de sons dignes d’un film sf.

Et ce n’est pas fini puisque les paroles sont accrocheuses, impossible de ne pas lâcher un ‘Ush-Ush!’ dans … ‘Ush-Ush‘, ou encore le ‘Ouho Ouho‘ de ‘Benny’s Party‘ plus que festif, avec un synthé déchainé et apparemment heureux de vivre et surtout son excellent passage dialogué qui rappelle que l’album est construit à la manière d’un film (‘…viens mon petit, n’aie pas peur.. mais… oh mon dieu… Beaaaarrrrrh…’). La track finalement devient de plus en plus sombre et arrive alors ‘Lost In The Fridge‘ et son intro presque kitch où vont s’ajouter quelques notes de boite à musique, qui laissent sans prévenir place à de gros riffs métal. Et c’est reparti pour un changement de registre brutal, mais réussi.

Mais des fois, pour calmer les nerfs de cette ambiance souvent ‘malsaine’, il y a des moments de paix, comme ‘La fée moche’, morceau electro avec un son apaisant et un accordéon qui reprend la mélodie. Cet accordéon revient dans la track suivante ‘Meeztown Revolution‘ qui ressemble à un hymne russe avec vodka sur la table et bonne humeur chez les gens. Nan vraiment, ça fait du bien. Placez ce cd dans votre chaine salon, le résultat est immédiat: tout le monde monte sur la table passe hurlant ‘Popov everywhere!‘ en levant les genoux. Et pour vraiment toucher à tout, l’album se finit par ‘Special K‘ (écrit avant le ‘Special K‘ de Placebo…), track éléctronique bien speed avec la participation de U.Rope de Pleymo. Efficace.

Au final, on se rendra compte qu’on aura écouté une musique façon Tim Burton, avec de la fraicheur venant des bonnes références festives, avec un peu d’électro dedans, du métal comme on en aime et du FFF inside. L’album réussi c’est celui qui va réussi à s’imprimer dans la tête et qui donnera l’impression d’y être à fond dedans. Avec ‘Viva San Antonio‘, le contrat est largement rempli.