Quatre années ont passé depuis la sortie de l’album ‘Mezzanine‘ qui marqua une rupture dans la line-up du groupe et son son. Alors que les deux premiers albums du combo de Bristol était largement influencé par le hip-hop, la soul voire de dub, ‘Mezzanine‘ changeait la donne avec le départ de certains des membres du groupe. Aujourd’hui, ‘100th Window‘ sort et Massive Attack peut se résumer à un alias, celui de 3D. 3D est donc chargé de composer ce quatrième album, et pour cela il s’entoure de plusieurs voix remarquables dont Sinead O Connor, chauve mais pas certainement pas aphone…

Histoire de mettre les points sur les i, ‘100th Window‘ est dans la continuité de ‘Mezzanine‘ et s’éloigne logiquement de ‘Blue Line‘ et ‘Protection‘. Les sonorités ne seront certainement pas les mêmes et on aurait facilement tendance à qualifier la nouvelle musique d’éléctro-pop plutôt que de trip-hop, mais l’esprit Massive Attack est toujours là. D’une, l’émotion est plus que conservée et on ressort d’une première écoute tout simplement touché, imprégné de mélancolie. Lors des écoutes suivantes et surtout dans le futur, on se rendra compte que Massive Attack a su garder son côté experimental, à la limite de l’avant-gardisme musical. Certes, ce côté n’est pas aussi flagrant dans ‘100th Window‘ et perd peut-être un peu de sa personnalité en oubliant un tempo soul, mais malgré tout les tracks sont à des années lumières de ce qu’on a pu entendre auparavant… exception faite de ‘What Your Soul Sings‘ qui rappelera étrangement ‘Teardrop‘. Mais le concept est là: la tear est toujours sur le point de tomber, mais de façon rallongée puisque la track la plus courte dure cinq minutes neuf. On a alors du mal à imaginer que ‘Futur Proof‘ est single vu son ‘hors standardisme radio’, d’autant plus que cette track, par ses sons venant de tous les sens (recevoir des baisers dans ses tympans a tout d’agréable), ne peut-être pas forcémment abordable par tout le monde.
Apaisant, cet album l’est. On est presqu’en train de flotter dans l’espace, on se sent léger et on oublie tout, tout sauf que cet album est reposant malgré son côté un peu sombre en seconde moitié d’audition. Les sons brutaux grésillants de guitares de ‘Mezzanine‘ ont laissé place à une ligne de basse conséquante. Quant à Sinead O Connor, elle est presque parfaite, mais on regrettera parfois son manque de mise en valeur, mais peu importe, c’est trippant et c’est le principal.

100th Window‘ ne pourra pas rattraper les fans perdus lors de la parution de ‘Mezzanine‘, mais pourra convaincre les autres de façon très aisée. Et pour ceux qui seraient tout de même déçu, un nouvel album nous est promis pour la fin de l’année, voire début 2004, avec un côté plus experimental… Pendant ce temps, on va écouter et réecouter cette perle musicale et se prendre à rêver, patiemment. Et on n’oubliera pas de signaler un artwork particulièrement soigné avec des photographiques qui prennent un sens lors de l’écoute de l’album…