Emera est, comme ils le disent eux même dans leur biographie, capable de flirter avec le ‘grave’ comme avec le ‘léger’. Et ça commence avec du grave, ‘Dis-Moi‘, puisque c’est une sorte de gentil pamphlet anti-politique américaine (encore un se dit on à ce moment …), qu’ils nous servent en guise d’introduction de leur second album, ‘Du Blé Sur Du Béton‘. Ca commence très rock, mais les paroles peuvent dans un premier temps paraître un peu démago quand même. Ceci dit, l’ensemble du morceau est très bien structuré, et s’avère très efficace, même si loin d’être le meilleur. Et puis voilà, on enchaîne direct avec le léger … ‘Vivant‘ fait partie de ces quelques comptines pop-rock agréable, pas prise de tête, et plutôt bien écrites (ici un rescapé d’un crash automobile, sujet grave tourné en [presque] dérision). Sympatoche.

Puis vient LE morceau du cd, celui qui porte le reste du cd sur ses ‘épaules’, celui qui accroche, qui est le plus travaillé, et celui qui, au final, s’avère donc être le meilleur de cet album. Paroles bien écrites, mélodie construite, ‘Un Peu De Ton Air‘ est bien le meilleur extrait de l’album.

D’autres comptines viennent peupler cet album comme les festifs ‘Mona Lisa‘ ou ‘Petite Mélodie‘ (légèrement idéaliste quand même), sur le pouvoir de la musique. Ca a le mérite de mettre un peu de soleil, et le titre ‘Bouteille A La Mer‘ s’avère de loin être le plus rock avec l’ultime morceau ‘L’appel de La Fosse‘.

Du Blé sur Du Béton‘ s’avère donc tantôt festif, tantôt plus rock, souvent bien écrit (‘Un Peu De Ton Air‘, ou le drôle ‘Tendance‘), avec des mélodies bien construites, et souvent efficaces, qui donnent envie de voir le concert sur scène, afin de vérifier que leur débauche d’énergie est bien réelle. de plus l’ajout de violons apporte un réel plus. Le temps passe donc vite à son écoute, et même si on ne retiendra pas tout, cet album confirme que même les groupes en marge des majors savent faire de la bonne musique.