Raoul Sinier, aka Ra et parisien de son état était déjà reconnu pour ses illustrations dérangeantes et fascinantes (voir son site officiel). Après avoir signé des couvertures de magazines tels que Wired, Ra veut prouver qu’il est un artiste accomplit en nous faisant part de ses talents de musicien avec ‘Ra Loves You‘ dont la pochette est bien évidemment signée Ra. Voilà, ça, c’était pour l’introduction et on a fait un peu comme lui : on reprend des morceaux de sa bio officielle et on recolle en le mettant à notre sauce. Sauf que Ra le fait mieux, ça, c’est sûr.

En fait, plutôt que de recoller pour construire, Ra préfère coller pour détruire, une jolie destruction sonore qu’on a à la fin même. Au début, à l’image de ses dessins, les pistes sont déroutantes, on perd pied, on ne sait plus trop où se raccrocher. De gros beats hip-ohp prennent le pas, puis un effet larsen de portable vient troubler la solution (‘The Dentist‘) pour finalement avoir droit à des sons tordus et autres low-tech sounds passés
à la moulinette de Cubase. Mais peu à peu, on commence à percevoir la petite mélodie s’installer, on se prend alors au jeu sans savoir où la suite va nous emmener et c’est ce qui est bien Ra semble s’amuser avec nous. On croit tomber sur un hommage à Amon Tobin et c’est Richard D James qui pointe son sourire surdimensionné. On est à l’écoute de ‘Ra Loves You‘ dans un labyrinthe sans fil d’ariane. Nous, on tourne en rond, on est balancé dans tous les sens et Ra lui est hilare nous crachant ses ambiances à la face sans qu’on s’y attende. Il y a effectivement quelque chose de malsain qui se dégage de la galette, mais oui, on aime ça.

Et après tout, Ra, c’est un peu l’ami qui nous veut du bien, il nous aime et en fin de compte, nous aussi on l’aime.