L’origine de ce nouvel album, comme son titre, pratiquement tout le monde la connait: il s’agit des chansons enregistrées par System Of A Down mais jamais publiées, jusqu’au jour où une bande de djeunz les choppent et les distribuent sur le net. Du coup, le groupe décide de retravailler ces tracks diffusées à l’état de maquette. D’où le titre ‘Steal This Album‘, et on pourrait facilement croire qu’il s’agit là de tracks de qualité inférieure aux deux albums du groupe… Heureusement, il n’en est rien!

Les riffs stridents de ‘Chic N’ Stu‘ démarrent alors qu’on n’a pas le temps de réagir, ça explose dans tous les sens. Serj et Shavo chantent aussitôt enchainant les ‘Pizza Pie, Pepperoni and mushrooms…‘. Le System Of A Down première époque est de retour avec le même délire. Alternant gros moments bourrins où pleins de pogos naîtront et interludes mélodiques où pleins de bébé naitront, ‘Chic n’ Stu‘ est une véritable bombe d’énergie.

En plus de ces ‘chutes’, on peut écouter quelques bsides comme l’excellent ‘Streamline‘ où le groupe tape dans la mélodie grandiose, rien que ça. D’autant plus qu’il semblerait que cette track est légèrement différente de celle qui est sur la soundtrack de ‘Scorpion King‘. ‘Streamline‘ qui est dans la lignée de ‘Toxicity‘ à l’instar d »Innervision‘, ‘Bubbles‘ et son refrain repris en choeur. Et pour ceux qui regretteraient le côté plus excentrique du groupe de l’époque du premier album eponyme, il y a des perles comme ‘Fuck The System‘ que la plupart des fans connaissent déjà, avec un Serj qui se déchire au niveau des couplets pour finalement exploser en hurlant ce célèbre ‘Fuck The System! Fuck The System! I need to fuck the sys, I need to fuck the sys…‘. Et pour les autres, encore, qui se demandent si System Of A Down se sent toujours concerné par les conflits, ‘Boom‘ est là pour leur rappeler que malgré le fait que le groupe ne se dise pas ‘politiquement engagé’, un certain avis est émis envers la guerre, et ceci de façon réellement bien exploitée: les premiers couplets sont en effet dit à la façon d’un discours pour laisser place à des ‘Boom, Boom, Boom‘… Et là où System Of A Down reste System Of A Down, c’est lors de ‘Nuguns‘ avec ces guitares folkloriques. Ca sent l’Arménie pas loin!

Un peu à la façon de ‘P.E.E.P.H.O.L.E.‘, ‘36‘ est une jolie performance de Daron Malakian qui réussit à donner cette impression de ‘circus dark enchanté’, et on regrettera le fait que cette track ne dure que 46 secondes, mais vu le rythme tenu par John Dolmayan, il serait fort impossible de pogoter pendant plus de temps… Défoulant. Et tout ça, ce n’est encore que du System Of A Down pur jus, il y a aussi le reste, les vraies perles, celles qui changent, mais du bon côté…

On commence avec ‘Mr Jack‘ et son intro plus que trippante. Guitare lente et douce, batterie presque jazzie, ambiance bon salon, et arrive les gros riffs métalleux mais pas agressif pour un sous. Aussi puissant que du ‘Changes (in the house of flies)‘ de Deftones, d’autant plus que la voix grave et rassurante de Serj enfonce le clou d’un mètre de plus. ‘Ego Brain‘ et son refrain qui donne l’impression d’être emporté dans un tourbillan où clignotent des milliers de lumières… System Of A Down sait être un groupe de métal et n’oublie pas d’être mélodique quand il le faut… et pour preuve : le vrai final de l’album intitulé ‘Roulette‘.

Si il y a une chose qu’on n’avait jamais entendu, c’est le groupe en guitare sèche accompagné de violons. Chose est faite puisque ‘Roulette‘ fait partie de ces chansons qu’on pourra s’écouter à n’importe quel moment, sans être lassé. Et rien que pour cette track inimaginable de la part du groupe, il faut acheter l’album.

Cependant, un petit bémol pour ceux qui connaitraient la version demo de cet album: certaines tracks ont disparues, ou d’autre ont été amputées de quelques passages pourtant excellents comme dans ‘Highway Song‘ où il manque ce foutu ‘tutututuuuuu tutututututuuuuu’ digne d’un festival de Rio. Frustrant. Mais rien à craindre à part cette petite erreur puisque ‘Steal This Album‘ est tout simplement une réussite totale. Tiens, ils auraient dû l’appeler ‘Buy This Album‘, ils le valent bien, et les doigts dans le nez!