Un an et demi que j’attends ça, le nouvel album de Filter n’a cessé d’être repoussé, et le voilà enfin ! Après leur dernier album ‘Title Of Record‘ sorti incognito en France en 1999, voici enfin ‘The Amalgamut‘, jeu de mot entre amalgame et ‘mutt‘ (chien batard) qui explique que les américains sont tous issus d’origines différentes et se sont tous mélangés. En effet cet album est premièrement axé sur les Etats-Unis car Richard Patrick, le chanteur/leader du groupe n’a jamais caché son côté ultra-nationaliste. En témoigne ‘The Missing‘ qui a été écrit le 11 septembre, tandis qu »American Cliché‘ veut tout dire par son titre.

Alors, que donne cet album ? A première vue, je dirais ‘extraordinaire’ mais sûrement parce que je suis un fan voire plus dans mes bonnes périodes. Alors histoire d’être un peu plus objectif et d’avoir un bon jugement, écoutons nous encore une fois l’album, et ça commence avec ‘You Walk Away‘. La chanson à peine entamée qu’on se rend compte que Filter n’a pas vraiment changé : il s’agit toujours de métal mélodique et les riffs, malgré leurs apparence heavy sonnent tout de même assez pop. Cependant, certaines tracks sont du pur métal, dans la lignée de l’excellente et l’héroïque ‘Welcome To The Fold‘ comme ‘So I Quit‘ qui décolle le cerveau du crâne tant Richard hurle et les guitares s’excitent, ou encore comme ‘American Cliché’ qui avec son introduction rappelle ‘It’s Gonna Kill Me‘ du second album. Du son métal, on en a droit dans une bonne partie des tracks, mais l’évolution subie par le groupe lors de l’enregistrement du second album est encore flagrante : ‘Where Do We Go From Here‘ est une chanson très mélodique avec guitares acoustiques et refrain très récurrent. Filter reste lui-même donc, en mélangeant de manière astucieuse, alternant gros riffs et mélodies. Mais si le second album était un peu frustrant de par la faible quantité de gros son, avec ‘The Amalgamut‘, le groupe semble se rattraper et se défouler, pour nous défouler.

Les paroles quant à elles sont une fois de plus réfléchies. Alors que ‘Title Of Record‘ était en grande parti axé sur les relations amoureuses de Richie qui s’est pas mal fait qualifié de ‘lover’, ici il ne pourra être qu’appelé ‘nationaliste reflechi’. Malgré le fait qu’il soit ultra nationaliste comme dit plus haut (on a pu le voir dans les aéroports après les attentats du 11 septembre, portant un drapeau américain sur le dos), Richard critique le système américain et va jusqu’à parler de la prison avec ‘My Long Walk To Jail‘ et son introduction surprenante : la boite vocale qui se met en route lors d’appels provenant des prisons américianes. Dans ‘Where Do We Go From Here’, premier single de l’album ressemblant quand même vachement à ‘Take A Picture‘ (single du second album), Richard se demande où allons nous (oui, bon ça on s’en doutait avec le titre de la chanson, mais qu’importe) sachant qu’actuellement, tout part en couille… Quand on voit toutes ces tracks défiler, on ne peut que se rendre compte à quel point les paroles sont négatives vis à vis du monde, mais là interviennent ‘World Today‘ suivi de ‘The 4th‘…

Exit le rock et ses grosses guitares. C’est le tabla qui est utilisé et largement rentabilisé donnant à ce final une teinte exotique. Les paroles sont simples ‘I Like The World Today…‘ et mélangées à des sonorités tribales, comme si en fin de compte, malgré l’état du monde , la Terre était un bon lieu où vivre… Finalement, les premières notes de ‘The 4th‘, qui n’est pas une reprise de U2, retentissent et c’est le trip total. Entièrement instrumentale avec des paroles incompréhensibles pour ma part, cette track de 8 minutes nous permet d’atteindre l’apothéose après tant de chansons puissantes et fortes.

The Amalgamut‘ montre ici la vraie maturité du groupe, malgrès une légère tendance au gniangniantisme qui fait les beaux jours des téléfilms américains. A vrai dire, ce n’est pas réellement l’album qu’on attendait, mais on ne peut pas en demander plus.