Deftones… Peu de groupes auront réussi à sortir trois albums et à être autant respecté partout dans le monde, surtont dans le monde impitoyaaaaable du neo-metal. C’est simple, personne ne pourra cracher bêtement sur ce groupe qui aura réussi à mûrir le long de toutes ces années. Après ‘Adrenaline‘, ‘Around The Fur‘ et surtout ‘White Pony‘, Deftones sera passé du statut de petit groupe de Sacramento à celui de monstre de metal divisant les fans de neo metal en deux: les successeurs de Korn et les autres, ceux de Deftones. Et jamais un album n’aura été si sagement longtemps été attendu, respectant les différents reports suites aux nombreux sides projects des membre (dont Team Sleep ou le projet qui risque bien d’être second dans la liste des sides projects les plus souvent repoussé après Probot…). Mais tout cela aura largement valu la peine et on ne pouvait qu’avoir confiance en Deftones, à moins que…

Ce qu’il y a de bien avec les membres de Deftones, c’est qu’ils sont plus qu’ouverts. Après avoir tapé dans le gros son violent d”Adrenaline‘, celui craché et entre coupé de tracks mélodiques dans ‘Around The Fur‘, le son posé et réflechi de ‘White Pony‘, voilà que le groupe se met à rentabiliser la possession de son DJ, Frank Delgado. Et sa prestation remarquable dans ‘Lucky You‘ vient ici poser les bases de ce nouvel album: les samples seront largement de la partie dans cet album décrit par le groupe lui-même comme devant être ‘plus heavy, plus violent’ que les précédents. Paradoxal ? Oui et non car le groupe sait largement jongler entre ces différents styles et ce sont ces ruptures qui font la violence de l’album. Certes, on aura droit à du pur Deftones époque premier album avec ‘Hexagram‘, sorte de mélange de ‘7 Words‘ et ‘Changes‘ ou tout simplement ‘Minerva‘, premier single dans la lignée de ‘White Pony‘. Mais la seule présence de ‘Deathblow‘ ou de ‘When Girls Telephone Boys‘, héritier de vient changer la donne: l’ambiance est encore plus planante et le groupe casse le schéma typique de ‘j’enchaine une track avec le refrain repeté plusieurs fois et j’embraye sur la suivante’. En fin de compte, l’album s’écoute d’une traite sans réelle distinction entre les tracks… Et pour cause: aucune n’a réellement la carrure ‘My Own Summer‘ même si ‘Needles And Pins‘ possède une gratt’ et une batterie similaires, d’un ‘Bored‘ ou encore du magnifique ‘Knife Party‘; ‘Hexagram‘ ou ‘Minerva‘ faisant seulement partie de ‘singles potentiels’, sans plus. Peut-être est-ce là le signe d’une réelle volonté de faire de la musique et de pondre un album en tant qu’oeuvre, mais ce serait un peu présomptueux de la part de Chino et ses potes…

Au final, plusieurs faits font que cet album ne plaira pas à la première écoute (j’en ai été victime): un son presque surtravaillé aseptisant un peu le tout, peu de tracks se démarquant réellement du lot où on se prend une gifle, des experimentations presque déroutantes mais une fois ce cap passé, c’est la gifle assurée et on peut se dire que oui, Deftones est un groupe majeur du neo-metal, presqu’avant-gardiste dans le genre (en extrapolant un peu). Du coup, impossible de coller une note tellement l’album est complexe, mais c’est ce qu’il y a de mieux, non ?

NDA: Je tiens à préciser que cet album est réellement difficile à commenter tellement il est difficile à cerner… Si Chino Moreno avait affirmé ‘Je ne peux rien vous dire à propos de cet album, il FAUT que vous l’écoutiez’, c’est qu’il y avait en fait une raison…